Le bureau du ministre Simon Jolin-Barrette écarte Stéphane Handfield des consultations.
Le bureau du ministre Simon Jolin-Barrette écarte Stéphane Handfield des consultations.
Alors qu’il s’oppose à la réforme menée par la Coalition Avenir Québec (CAQ) en matière d’immigration, Me Stéphane Handfield s’est vu refuser une participation aux consultations en commissions parlementaires lancées par le gouvernement Legault.

Le Parti Québécois (PQ), qui avait proposé son nom, a reçu une fin de non-recevoir de la part du bureau du ministre, Me Simon Jolin-Barrette.

« De ce que j’ai compris, le gouvernement ne souhaitait pas avoir quelqu’un qui émet une opinion différente de la sienne en commission. Ce n’est pas démocratique. C’est vraiment une drôle de façon de faire les choses », a affirmé à Droit-inc l’avocat spécialisé en droit de l’immigration.

Un jeu dangereux

Depuis le début de la campagne électorale de la CAQ, Me Handfield a critiqué vigoureusement ses initiatives en matière d’immigration, citant que certaines des mesures envisagées étaient de juridiction fédérale.

« C’est un jeu dangereux auquel s’adonne le gouvernement. L’objectif d’une commission parlementaire, c’est de recevoir des opinions, contraires ou non aux siennes, pour amender un projet de loi. Aujourd’hui, c’est comme si on disait "si vous souhaitez participer aux différentes activités démocratiques, ayez la même opinion que nous" », analyse le Barreau 1992.

Rappelons qu’avec le projet de loi 9, la CAQ a l’intention d’annuler plus de 18 000 demandes de Certificat de sélection du Québec (CSQ).

Un désaccord incomplet

« Je suis contre le fait de pénaliser cavalièrement 50 000 personnes du seul fait qu’on a mis trop de temps à s’occuper de leurs dossiers. Il y a d’autres façons d’agir, et une bonne commission parlementaire aurait permis de les entendre », poursuit l'avocat.

Me Handfield signale que la CAQ ne pourra pas arriver pleinement à ses fins. Les résidents permanents ont un droit de mobilité partout sur le territoire canadien, et Québec ne peut pas les contraindre à s'établir et demeurer dans une région précise en raison d’une pénurie de main-d’oeuvre, explique-t-il.

« Ça ne sert à rien de frapper sur ce clou-là. Il y a des choses dans ce projet de loi qui sont inacceptables, mais le gouvernement ne semble pas intéressé à l’entendre. »

Quelques points d'accord

Mais l’avocat n’est pas entièrement en désaccord avec les propositions caquistes. Il estime notamment que celles-ci assureraient une promotion du français.

Il croit également qu’installer un système d’arrimage entre les candidats à l’immigration et les employeurs potentiels serait une excellente chose, qui permettrait de remplir des besoins précis en termes de main-d’oeuvre au Québec.

« Je suis de ceux qui pensent que Québec devrait rapatrier ses pouvoirs en ce qui a trait à la mobilité des résidents permanents. Tant que la province n’a pas ce lousse, c’est beau de mettre sur pieds un projet de loi, mais il n'aura aucune conséquence. »

Mise à jour: Il y sera!

Finalement, à la suite de discussions , un concenssus est intervenu vendredi en fin de journée et Me Handfield à reçu une invation pour participer aux consultations, nous a confirmé le bureau du Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion.

Tout est bien qui finit bien!