Rachel Kohut, Anja-Sara Lahady et Souhila Baba. Photographes : Whitney Lewis-Smith et Maryam Ali.
Rachel Kohut, Anja-Sara Lahady et Souhila Baba. Photographes : Whitney Lewis-Smith et Maryam Ali.
Pourquoi le droit aurait-il besoin du féminisme? Peut-être ne vous êtes vous jamais posé la question. Pourtant, des étudiants et jeunes professionnels du droit canadiens à l'origine du mouvement Law needs feminism because... vous invitent à y réfléchir.

Anja-Sara Lahady et Souhila Baba, étudiantes respectivement à l'UdeM et à McGill, ont repris le flambeau à Montréal d’une initiative qui a vu le jour en 2016

Chez Law needs feminism, « nous essayons d'apporter une vision plus intersectionnelle du milieu juridique, nous pensons que d'autres voix devraient être entendues » explique Anja-Sara Lahady.

« Dans la profession, beaucoup de voix sont inexistantes car elles n'ont pas de plateforme, c'est pareil dans le système judiciaire. Certaines personnes sont marginalisées », ajoute Souhila Baba. Ces voix, ce sont celles des membres de groupes minoritaires, les femmes appartenant à des minorités visibles ou encore les personnes non binaires.

Le collectif entend donc faciliter le dialogue sur les questions liées au genre, à la diversité et à l'inclusion dans les facultés de droit, la profession juridique et le système judiciaire en général.

Changer le système juridique

Le Forum National à Halifax le 23 février dernier, photographe: Haley Anne MacPhee.
Le Forum National à Halifax le 23 février dernier, photographe: Haley Anne MacPhee.
L'objectif à terme? Aboutir, à force de pédagogie et de dialogue, à un « système juridique exempt de patriarcat, de sexisme, d'homophobie, d'homophobie, de racisme, d'exclusion et de dévalorisation continues des femmes et autres personnes », peut-on lire sur leur site.

Le collectif organise tous les ans, depuis 2017, un forum. Le premier a eu lieu à Montréal, le dernier en date s'est tenu le 23 février dernier à Halifax. L'événement est l'occasion de partager autour de la place des femmes dans le milieu juridique dans le cadre d'ateliers, de tables rondes et d'activités sur le féminisme et le système juridique.

Un comité travaille également sur la création d'une bourse qui serait allouée à un étudiant n'ayant pas les moyens de poursuivre des études en droit. Le collectif espère aussi publier un livre regroupant les portraits des campagnes des années passées.

#LawNeedsFeminismBecause

En 2016, ce sont Rachel Kohut et Vanita Sachdeva, toutes deux étudiantes à l'université McGill, qui avaient lancé une campagne sur les réseaux sociaux derrière le mot dièse #LawNeedsFeminismBecause. Le principe est simple : poster les portraits de 33 étudiantes et étudiants accompagnés de leur réponse à cette question.

C'est ainsi qu'on peut lire que le droit a besoin de féminisme car...

« … nous avons à travailler deux fois plus dur pour obtenir deux fois moins que les blancs de la classe moyenne ».
« … je ne suis pas trop sensible pour être avocate ».
« … 77 % d'hommes à travers le monde légifèrent sur des enjeux 100 % féminins ».
« … les femmes les plus marginalisées croupissent en prison ».

Plus de 1000 portraits

Robert Leckey, le doyen de McGill photographié en 2016 par Whitney Lewis-Smith.
Robert Leckey, le doyen de McGill photographié en 2016 par Whitney Lewis-Smith.
La campagne devient rapidement virale et s'étend à d'autres facultés de droit du pays. Elle dépasse même les frontières.

Aujourd'hui, le comité exécutif est composé de 17 membres, toutes des femmes, et l'association compte des chapitres dans 16 universités, jusqu'en Australie.

Plus d'un millier de portraits de femmes et d'hommes ont déjà été publiés.