Me Sophie Gagnon, Directrice générale de la clinique.
Me Sophie Gagnon, Directrice générale de la clinique.
La clinique juridique Juripop lancera dans les semaines à venir une clinique juridique itinérante pour venir en aide aux victimes de harcèlement et de violences sexuelles.

Dès la fin du printemps, des avocats bénévoles partiront sur les routes du Québec.

« Nous nous arrêterons dans une dizaine de régions administratives », a expliqué à Droit-Inc Me Sophie Gagnon, Directrice générale de la clinique. « Les personnent pourront poser leurs questions sans limite de temps » a-t-elle ajouté.

Les juristes seront accompagnés d'intervenants sociaux. « Nous avons constaté que les avocats ne sont pas toujours équipés pour accueillir ces victimes, nous cherchons à faire une intervention complète et qui reflète les différents facettes de la situation de ces personnes ».

Les suites de #moiaussi

« Juripop a toujours été très impliquée auprès des victimes d'agressions sexuelles depuis le tout début du mouvement #moiaussi », a expliqué Me Gagnon.

Dès le mois d'octobre 2017, Juripop avait lancé en collaboration avec le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels une clinique juridique et sociale. Les personnes victimes d’agression et de harcèlement sexuels pouvaient venir s'entretenir avec un avocat et un travailleur social.

« Après le succès rencontré par cette initiative, nous étions à la recherche d'un moyen de déployer ça dans une plus grande envergure », a indiqué Sophie Gagnon.

Une collaboration avec de jeunes montréalais

L'organisme avait reçu un financement initial du ministère de la Justice pour ce projet. Mais afin d'obtenir les fonds nécessaires pour le mener à terme et couvrir le plus de régions possibles, la clinique s'est associée à l'Association du jeune Montréal (AJM).

« C'est une association de jeunes professionnels qui, chaque année, choisissent un enjeu à qui ils reversent les profits d'une soirée bénéfice. Et nous avons été sélectionnés », indique Me Gagnon.

L'AJM organise le 10 mai prochain la Nuit du jeune Montréal au Centre des sciences de Montréal. Les bénéfices de la soirée serviront à financer la clinique itinérante.

Le besoin est grand car, selon Statistique Canada, les crimes sexuels font partie des moins dénoncés au Canada.

« Il y a des mythes et de la désinformation qui entourent le traitement juridique des agressions sexuelles, a expliqué l'avocate. Les personnes pensent que c'est un délit anodin et qu'elles n'ont pas de recours ».