Antoine Aylwin, accompagné de son père André.
Antoine Aylwin, accompagné de son père André.
Le 19 mars dernier, soit 26 jours après sa toute première fois devant la Cour suprême du Canada, Me Antoine Aylwin se retrouvait à nouveau à Ottawa : « le challenge ultime pour un plaideur », dit-il.

Pour l’associé de 39 ans chez Fasken, l’expérience était d’autant plus forte qu’il a pu la vivre devant son père…

« Après ça on est complètement vidé!, a-t-il réagi au bout du fil avec Droit-inc quelques minutes plus tard. C’est beaucoup de préparation et de concentration. Quand l’adrénaline retombe, on en ressort avec la sensation d’avoir vécu une épreuve physique.»

D’ailleurs, pour se remettre du tumulte d’émotions qu’il venait de vivre - un mélange d’excitation et d’anxiété, confie-t-il - la première chose qu’il a faite en rentrant a été… de prendre une douche!

« Avis aux plaideurs : ça fait du bien une bonne douche après avoir tout donné lors d'une plaidoirie d'une heure! », s’est-il amusé sur LinkedIn.

Une expérience « grisante »

Deborah Furtado, stagiaire en droit chez Fasken, Stewart Litvack, avocat RSS, Michael Adams, avocat Fasken, Louis Dessureault, avocat RSS et Antoine Aylwin .
Deborah Furtado, stagiaire en droit chez Fasken, Stewart Litvack, avocat RSS, Michael Adams, avocat Fasken, Louis Dessureault, avocat RSS et Antoine Aylwin .
Coïncidence amusante en ce 19 mars : Stewart Litvack, ex-stagiaire chez Fasken, plaidait pour RSS avec Louis Dessureault au nom des Appelants, alors que Me Aylwin, quant à lui ex- stagiaire de RSS, représentait Fasken!

À ses côtés, pour l’Intimé, on trouvait : son collègue Michael Adams et la stagiaire Deborah Furtado.

D’abord, Me Aylwin a été surpris par l’annonce de la permission d’en appeler. « Beaucoup de demandes et peu d’acceptations », dit-il. Mais pour lui, une chose est certaine : si le client n’a pas nécessairement le goût d’y aller, l’avocat, lui, peut trouver « grisant ».

C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à plaider pendant une heure devant sept juges en ce jour, et neuf en février...Notons que ce sont d’abord les Appelants qui parlent (1h), puis les Intimés (1h). Ensuite, les Appelants ont cinq minutes de réplique.

« Ce sont les meilleurs juristes au pays qui vont vous challenger, on le sait que la Cour suprême n’est pas là pour vous écouter mais pour débattre de vos idées. Ils peuvent vous interrompre à tout moment. Et avec leurs points de vue, les juges vont pousser notre réflexion plus loin.»

Beaucoup de préparation

Me Antoine Aylwin représentait Fasken devant les juges de la Cour suprême.
Me Antoine Aylwin représentait Fasken devant les juges de la Cour suprême.
C’est le dimanche 17 mars que l’avocat est arrivé à Ottawa, le cabinet Fasken y a un bureau. Il a passé toute la journée à préparer sa plaidoirie.

La journée du lundi a été consacrée à préparer un recueil à destination des juges, contenant des extraits de codes, des lois, des jurisprudences et des courts extraits du schéma argumentaire que l’avocat comptait suivre durant la plaidoirie.

S’il essaie de ne pas travailler de nuit (il est moins performant), Me Aylwin n’a pas hésité à faire des simulations de plaidoiries à l’Institut de plaidoirie devant la Cour suprême, un organisme à but non lucratif qui aide les avocats dans leur préparation.

« Parfois, c’est juste de rentrer dans le sujet rapidement qui est un défi. Il faut entrer dans le coeur du dossier, ne pas faire trop de détours, 1h ça passe vite, il faut mettre toute notre énergie à convaincre.»

Et s’il avoue s’être senti « fébrile » avant de se lancer, il affirme que le sentiment d’être bien préparé atténue grandement le stress. Savoir bien s’entourer est aussi essentiel, dit-il.

Et maintenant va-t-il se reposer un peu? Pas du tout! L’avocat retourne à Montréal se remet immédiatement dans le procès qu’il avait interrompu pour se rendre à la Cour suprême!

Pour ceux que cela intéresse, la rediffusion est disponible en ligne.