Le professeur Pierre Noreau de l'Université de Montréal, et Julie Paquin, professeure à l'Université d'Ottawa.
Le professeur Pierre Noreau de l'Université de Montréal, et Julie Paquin, professeure à l'Université d'Ottawa.
Lancé à l'automne 2016, le projet ADAJ - pour Accès au droit et accès à la justice - a pour ambition de solutionner les relations parfois difficiles entre le système de justice et les citoyens. À cette fin, 20 chantiers de recherche, impliquant quelques 41 chercheurs et près de 50 partenaires de la justice, ont été lancés.

Parmi eux, le chantier 23 intitulé « Modèles de pratique » a pour objectif de définir des modèles alternatifs de pratique et de rémunération afin de faciliter l'accès à la justice pour tous.

« Une des principales difficultés rencontrées aujourd’hui en matière d’accès au droit et à la justice réside dans l’incapacité des particuliers de bénéficier des services d’un professionnel alors qu’ils en auraient besoin », peut-on lire sur le site de l'ADAJ.

Alors que de plus en plus de citoyens renoncent à l'assistance d'un avocat, un sondage mené par l'organisme révèle que 90 % des personnes sondées préfèreraient y être représentées par un praticien.

Selon l'ADAJ, la question des coûts du service professionnel est la principale raison évoquée par les citoyens pour expliquer leur conviction que le service juridique est inaccessible. En effet, les trois quarts des répondants ont indiqué ne pas pouvoir payer plus de 100 $ par heure de consultation.

Un défi pour les chercheurs

Le professeur Pierre Noreau de l'Université de Montréal, qui dirige cette recherche aux côtés de Julie Paquin, professeure à l'Université d'Ottawa, a indiqué à Attorney at law que ce chantier constitue un défi. « Nous devons redéfinir les services des avocats d'un tout nouveau point de vue », a-t-il indiqué.

Le chantier mettra à contribution l’expertise de praticiens engagés dans la pratique quotidienne du droit et de chercheurs universitaires issus de plusieurs disciplines (sociologues des organisations, spécialistes du management, comptables, économistes et juristes) « en vue d’établir les modèles de pratique susceptibles d’assurer un avenir pour la pratique juridique et un véritable accès au service professionnel pour les ménages à revenu moyen ».

Parmi les pistes évoquées par le professeur Noreau figurent notamment les coopératives de cabinets d'avocats, de nouveaux barèmes de rémunération à l'acte et un recours accru aux stagiaires en droit dans le traitement des dossiers.