Me Marie Cossette sait plaider avec élégance.
Me Marie Cossette sait plaider avec élégance.
Tout au long de ses 28 ans de pratique, Me Marie Cossette n’a pas dérogé à son objectif : aligner sa façon d'exercer son métier avec ses valeurs personnelles.

Aujourd'hui associée chez Norton Rose Fulbright, elle pratique le litige au sein du bureau de Québec. Elle oeuvre notamment en droit commercial et en droit de la construction mais aussi en droit public.

« J'ai toujours été quelqu'un d'assez sensible au fait d'être très authentique, a-t-elle confié à Droit-Inc. L'authenticité va avec le respect des valeurs, j'aime être authentique avec moi-même et avec les gens avec qui j'interagis ».

Ce principe s'étend jusque dans sa pratique du litige. Lorsqu'elle revêt ses habits de plaideuse, Me Cossette s'attache à « être élégante dans la bataille ». « Il me semble qu'on peut pratiquer le droit avec une façon de faire qui soit agréable », explique-t-elle.

Être au dessus de la mêlée

Loin de l'image d'une arène judiciaire qui se voudrait le théâtre de joutes acérées et d'une lutte sans merci, Marie Cossette est pour sa part convaincue que l'avocat, en tant qu'officier de justice, se doit « d'être toujours au dessus de la mêlée, de présenter les choses le mieux possible ».

« J'aimerais penser qu'on peut être redoutable tout en gardant un certain décorum, un respect pour les individus et pour ses propres valeurs », estime-t-elle.

En plaideuse aguerrie, elle rejette toute idée de se laisser faire. « Si je dois adopter une attitude plus ferme, je vais le faire sans problème. Mais généralement, même face à un avocat plus agressif, avec une attitude calme, on réussit à créer un climat général respectueux ».

Cette façon de voir les choses pourra sembler originale pour certains, voire jurer avec l'essence même du litige. « Il y a des avocats qui pensent que le client demande ça et peut-être que certains clients le demandent », pense-t-elle.

« Chacun a sa personnalité et tout le monde n'adhère pas à ma façon de voir les choses. Certains vont être plus agressifs tout en étant convaincus de bien faire ».

Moins de coups de toges qu'avant

Me Marie Cossette compte désormais 28 ans de pratique.
Me Marie Cossette compte désormais 28 ans de pratique.
Me Cossette a toutefois l'impression que les choses ont changé depuis 1991, date à laquelle elle a été admise au Barreau.

« Il y a quelques années, l'ambiance était différente. Le Code de procédure civile a évolué et nous oblige à plus de transparence. Ça a sûrement influencé le climat général de la pratique. Il me semble qu'on voit moins de coups de toges qu'il y a 27 ans », estime-t-elle.

Selon l'avocate, il n'existe pas de portrait robot du plaideur agressif. « On pourrait dire que de façon générale, les femmes sont plus rarement agressives. Mais c'est surtout une question de personnalité. J'ai vu des femmes très agressives et des hommes très gentleman ».

Le bon plaideur, lui, doit selon elle réunir un certain nombre de qualités. La première, c'est la connaissance du dossier.

« On ne peut pas être un bon plaideur sans connaître son dossier. Il arrive qu'on voit des avocats qui ont une excellente réputation et qui pour X raison vont faire du chemin sur cette réputation sans être aussi prêts qu'à un autre moment de leur carrière », témoigne l'avocate.

Faire preuve d'honnêteté intellectuelle

Me Cossette accorde également beaucoup d'importance à la structure. « Il faut être capable d'en sortir mais il y a une structure nécessaire pour être bien compris ».

L'exhaustivité peut aussi faire la différence. « C'est essentiel d'aller à l'essentiel. On ne peut pas prendre toutes les batailles, il faut choisir les enjeux et les faiblesses qui vont faire la différence et porter notre attention là-dessus. C'est un jugement professionnel ».

Elle recommande aussi de faire preuve d'honnêteté intellectuelle. « C'est extrêmement important face à la cour. Si un courant jurisprudentiel est défavorable, il faut le traiter ouvertement. Plutôt que de le nier il faut le désamorcer et expliquer pourquoi ce n'est pas un enjeu négatif pour mon dossier », explique-t-elle.

Une « zone de sérénité »

De manière générale, Me Cossette est convaincue que tout avocat doit s'aménager ce qu'elle appelle une « zone de sérénité ».

« Ce n'est pas un métier facile car c'est très exigeant sur plan des attentes et des performances requises, il faut trouver une forme de sérénité là-dedans ». Selon elle, ça passe par une bonne connaissance de soi-même et un questionnement sur ce qui nous inspire et la façon de l'intégrer dans un plan plus large.

Cela peut par exemple passer par le choix d'une structure qui permet des heures plus réduites ou le fait de continuer d'autres implications.

« Une fois que c'est fait, on peut y trouver de très grandes joies, car c'est un défi fabuleux. Mais il ne doit pas nous avaler tout rond ».