Me Patrick Pouliot Bélair qui a défendu le propriétaire du restaurant et la juge Magali Lewis.
Me Patrick Pouliot Bélair qui a défendu le propriétaire du restaurant et la juge Magali Lewis.
Le Tribunal des droits de la personne réitère l’inacceptabilité du harcèlement sexuel au travail en condamnant un propriétaire de restaurant de la région de Montréal à verser un dédommagement de 26 000 $ à sa victime, une ex-employée.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse s’est réjouie de la décision de la juge Magali Lewis.

« Cette victoire extrêmement importante n'aurait pas été possible sans le courage de la plaignante, courage que nous tenons à saluer. Le jugement souligne clairement à quel point le harcèlement sexuel en milieu de travail est inacceptable en 2019 », a déclaré par voie de communiqué le président de la Commission, Philippe-André Tessier.

Me Kathrin Peter a agi en faveur de la victime tandis que Me Patrick Pouliot Bélair a défendu le propriétaire du restaurant.

La plaignante, âgée de 18 ans au moment des faits, devait subir les remarques à caractère sexuel de son patron, âgé alors de 45 ans, et ce dernier aurait eu des contacts physiques avec elle dès son embauche et jusqu'à son congédiement près de deux ans plus tard.

Devant le Tribunal, elle a témoigné de l’humiliation qu’elle a ressentie sous les commentaires de son patron qui étaient formulés devant clients, collègues et même dans des conversations sur Facebook.

Ayant peur de perdre son emploi, elle a hésité avant de porter plainte alors que son patron tentait de lui faire porter le blâme.

Dans son jugement, le Tribunal affirme que « personne ne devrait se sentir humilié, non digne de respect ou craindre pour sa sécurité dans son milieu de travail, lieu où nous passons près de la moitié de notre vie. La définition même du harcèlement implique que les conséquences de cette contravention aux droits fondamentaux d'une personne sont sérieuses pour les victimes ».

La Commission estime que la somme octroyée à la victime montre le sérieux que le Tribunal porte aux causes de harcèlement sexuel.