Me Jean-Jacques Rainville. Source : Site Web de Dunton Rainville
Me Jean-Jacques Rainville. Source : Site Web de Dunton Rainville
Saviez-vous que Dunton Rainville a déjà été nommé Vermette Dunton Rosco DeWever Rainville?

Effectivement, lorsque Me Jean-Jacques Rainville a rejoint Dunton Rainville, il était fréquent que les cabinets portent le nom de tous leurs membres.

Soixante-cinq ans après sa création, Dunton Rainville a su s’adapter à la nouvelle réalité du monde juridique en changeant son nom, mais surtout, en augmentant drastiquement ses effectifs. Le cabinet qui ne comptait que 8 avocats mise désormais sur plus d’une centaine de juristes.

C’est donc avec fierté que Me Rainville, président du conseil de Dunton Rainville, a accepté de discuter avec Droit-inc du 65ième anniversaire du cabinet.

Droit-inc: Qu’est-ce que ça vous fait de voir que le cabinet est déjà âgé de 65 ans?

Je n’ai pas été présent pour toute son histoire, mais il n’en demeure pas moins qu’il s’agit pour moi d’une très grande satisfaction. Nous avons implanté une philosophie et modifié l’ADN de cette société en 1989, en y demeurant fidèle, et ça a porté fruit.

Donc, quelle est cette philosophie?

C’est de n’avoir qu’un seul statut d’associé, et de miser sur beaucoup de transparence. Mais bien entendu, nous n’avons pas réinventé le bouton à quatre trous.

Nous nous sommes inspirés d’un système proposé par le American Bar Association, que nous avons adapté à notre situation. On voulait créer une structure porteuse d’avenir.

Et puis, quel a été l’élément déclencheur de ce changement de philosophie?

Nous en sommes venus au constat que nous voulions une société dans laquelle il est possible pour les jeunes de devenir associé. À nos yeux, une entreprise qui ne connaît pas de croissance meurt, alors on s’est engagé dans cette voie-là.

On ne savait pas exactement où ça nous mènerait, donc on ne voulait pas présumer notre réussite, mais on voulait se donner plus de moyens, en embauchant, et en gérant au jour le jour.

Maintenant, nous sommes plus d’une centaine d’avocats et depuis 1989, ce n’est arrivé que deux années que le cabinet n’a pas connu de croissance.

Espériez-vous secrètement que le cabinet connaîtrait une telle croissance?

Personne ne pouvait s’attendre à cela.

Je me souviens être allé dîner avec Claude Lavery, au moment de la fusion entre Lavery et O’Brien. Je me rappelle qu’on disait qu’à l’époque, 40 avocats, c’était énorme. Hormis Ogilvy Renault, il n’y avait pas d’aussi gros cabinets.

Avant de vous joindre au cabinet, vous avez travaillé pour le contentieux de la Ville de Montréal et de Longueuil. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire le saut vers le domaine privé?

En fait, j'assistais à une session intensive du Barreau lorsqu’on m’a approché, en me proposant de joindre le cabinet.

J’ai toujours eu un intérêt pour la pratique privée et on me proposait alors un très beau défi. J’en ai parlé avec des collègues à la ville et des proches, et tout le monde m’a donné son accord.

Quel a été le secret de votre cabinet en termes de développement d’affaires?

Je l’ai toujours dit, ça prend des porteurs de ballon: des gens qui s’impliquent.

S’impliquer dans le développement d’affaires, c’est un choix. On ne peut pas changer la nature des gens.

Certains savent développer, d’autres non. Ici, ceux qui ont le goût de le faire sont appuyés. On leur donne les moyens, mais il n’en reste pas moins qu’il faut que ce cheminement-là vienne des avocats.

Quel a été le plus grand défi de votre cabinet au cours des dernières années?

De ne pas perdre ses valeurs d’origine. Les gens arrivent ici avec leur culture, et nous, on doit les convaincre d’adhérer à la nôtre, en y demeurant fidèles.

Et pour y arriver année après année, ça prend de la conviction, une grande collégialité et un esprit de consensus. Nous, on veut avoir les qualités d’une petite organisation, avec les moyens d’une grande.

Vous avez présentement 67 ans. Pensez-vous parfois à la retraite?

J’adore ce que je fais. En fait, je n’ai jamais regretté mon choix de carrière depuis mon assermentation. J’ai encore beaucoup de plaisir, alors j’aimerais continuer mon travail si la santé me le permet.

Vous savez, pendant des années, j’ai promis que je ralentirais. Mais c’est une promesse impossible à livrer.

Lorsqu’on s’occupe d’un dossier, c’est comme une chirurgie. On met toutes ses énergies pour mener à bien ce qu’on a entrepris. Un chirurgien ne peut pas partir en pause, en laissant son patient sur la table d’opérations. C’est la même chose pour nous.

Quelle marque croyez-vous avoir laissé sur Dunton Rainville?

Je crois avoir partagé mes valeurs. Ici, les décisions se prennent presque toujours par consensus. Le processus de votes des associés est peu utilisé.

Grâce à notre stratégie, et à l’excellence de nos avocates et avocats, on s’inscrit dans un grand courant chez les cabinets, qui est très porteur.