Il s’agissait du premier dîner-causerie de la rentrée organisé conjointement par l’AJBM et ZSA. Le thème du jour ? Comment utiliser le droit comme tremplin pour réorienter sa carrière.

« Pour toutes sortes de raisons, il arrive que certains avocats ne soient pas à leur place en droit; pour eux, un changement de carrière est souvent profitable » a expliqué celle qui animait la discussion, Dominique Tardif, directrice de ZSA à Montréal, .

Transition professionnelle, réorientation, retour aux études et nouveaux départs sont autant de sujets qui ont été abordés par les intervenants, trois avocats ayant délaissé la pratique en cabinet pour se lancer dans des carrières parallèles.

Chacun à leur rythme cependant.

Pour Caroline Martel, Directrice du recrutement et du développement professionnel chez Fraser Milner Casgrain, c’est l’appel d’un chasseur de tête, pour un poste de marketing en cabinet d’avocat, qui l’a détourné du droit.

Ca peut être plus brutal. « J’étais chez Stikeman et du jour au lendemain, j’ai dit je m’en vais, sans avoir de plan de rechange », se souvient Mélanie Joly, Associée directrice du bureau de Montréal de Cohn & Wolfe.

Au contraire, la transition peut être murement réfléchie. « J’ai profité des bons salaires chez McCarthy Tétrault pour me payer un MBA et rebondir dans des fonctions de conseil stratégique », explique Renault-François Lortie, Directeur planification stratégique pour Secor Conseil.

Ce qu’ont en commun ces trois là est néanmoins d’avoir constaté qu’ils leur manquaient quelque chose en cabinet. Alors c’est désormais en chœur qu’ils claironnent aux participants de prendre le temps de s’écouter.

« Faites votre liste d’employeurs de rêve et restez ouverts aux opportunités », recommande Me Martel. « Quand vous êtes en changement de carrière, il n’y a pas d’erreur, il n’y a que des opportunités, assure à son tour Me Joly. Beaucoup de compétences sont transférables. On parle la langue des affaires. »

La reconversion nécessitera parfois de repartir aux études et s’accompagnera bien souvent d’une perte de statut social et de salaire. Pas de quoi effrayer les participants à la conférence, venus en nombre chercher des idées pour sortir du droit.

« Mon patron ne sait pas que je suis ici. Je suis venue car j’ai envie de changer de job. Il me manque quelque chose actuellement, peut-être une dimension humaine. Si je trouve autre chose, tant pis pour le salaire », confie une avocate en contentieux d’entreprise.

Et vous, songez-vous à sortir du droit ?


Photo: de gauche à droite, Mélanie Joly, Renault-François Lortie, Dominique Tardif.