En 1829, l’Honorable Joseph Story, juge à la Cour suprême des États-Unis, déclarait que "the law is a jealous mistress". Plus de 180 ans plus tard, les avocats ont encore du mal à trouver un équilibre sain entre travail et famille… Mais une nouvelle génération d’avocats a commencé à exprimer son mécontentement et plaide en faveur d’un meilleur équilibre.
Sondage auprès des étudiants en droit de l’Université de New York
351 étudiants de l’école de droit de l’Université de New York, une des plus reconnues aux États-Unis, ont été interrogés en juin 2008 par l’organisation A Better Balance.
Cette organisation cherche à améliorer la qualité de vie des travailleurs américains en leur permettant d’avoir le temps et la souplesse dont ils ont besoin pour s'occuper de leurs familles.
La préoccupation principale des jeunes étudiants en droit et des jeunes avocats américains se situe au niveau de l’équilibre travail-famille, lequel pèse beaucoup plus dans la balance, tant pour les hommes que pour les femmes, que les autres aspects et objectifs d’une carrière en droit, tel que gagner les revenus les plus élevés, gérer des dossiers de haut niveau ou encore travailler pour une firme prestigieuse.
Conciliation travail-famille tant pour les femmes que les hommes
En outre, les avocats de demain ne voient pas l’équilibre travail-famille comme étant exclusivement une affaire de femmes. Non, moins de 76% des élèves féminins et 72 % des élèves masculins interrogés ont dit qu’ils étaient très ou extrêmement inquiets d’être en mesure de concilier travail et famille.
De plus, 7 sur 10 s’attendent à faire des sacrifices de carrière afin d’avoir une vie personnelle satisfaisante et 8 étudiants sur 10 ont indiqué qu’ils préfèreraient réduire leur salaire en contrepartie d’heures flexibles et réduites.
Priorité : Vie familiale
Il ressort encore une fois de ce sondage, que ces jeunes de la génération Y (nés entre 1978 et 1998) mettent une grande priorité sur la vie de famille et refusent de faire les même sacrifices pour leur carrière qu’ont fait leurs parents. Ces futurs ou jeunes avocats veulent s’accomplir et s’épanouir dans leur vie professionnelle, tout en étant capable de passer du temps avec leurs familles.
Comme la préoccupation pour un plus grand équilibre travail-famille augmente toujours parmi les jeunes avocats et ceux à le devenir, les cabinets juridiques devraient y porter une sérieuse attention. Au cours des 10 dernières années, les cabinets se son fait concurrence pour aller chercher les plus talentueux en augmentant les salaires et en se conformant à la pression du marché pour demeurer compétitifs. Cependant, plusieurs jeunes avocats seraient plus qu’heureux de voir leurs salaires diminués en échange de plus de temps personnel. Un jeune étudiant a même déclaré « Le congé payé n’est pas aussi important que le congé respecté… ce n’est pas l’argent ».
« Les préoccupations des étudiants en droit concernant l’équilibre travail-vie personnelle ne sont pas une tendance dépassée. Elles reflètent plutôt une variation fondamentale dans les réalités démographiques et les valeurs culturelles de cette prochaine génération d’avocats. Les cabinets juridiques qui souhaitent rester concurrentiels pour garder ses avocats talentueux, et ses clients, doivent porter attention à cette réalité et adapter leurs politiques internes en conséquence s’ils veulent tenir la route dans ce paysage changeant.. »
Certains résultats du sondage auprès des étudiants :
1/ Prêts à accepter une réduction de salaire en contrepartie de temps
Femmes : 87%
Hommes : 78 %
2/ Inquiets d’être en mesure d’avoir une carrière satisfaisante et une vie de famille satisfaisante
Femmes : 76% dont 35 % très inquiètes et 41% extrêmement inquiètes
Hommes : 72% dont 37% très inquiets et 35 % extrêmement inquiets
3/ Préoccupés de trouver du travail stimulant intellectuellement
Femmes : 59% dont 44 % très inquiètes et 15% extrêmement inquiètes
Hommes : 65% dont 39% très inquiets et 26 % extrêmement inquiets
4/ Désireux de travailler dans une firme ou entreprise prestigieuse
Femmes : 19%
Hommes : 35%
5/ Considèrent important d’obtenir des mandats de haut calibre
Femmes : 17%
Hommes : 33%
6/ Veulent gagner les meilleurs salaires
Femmes : 22%
Hommes : 31%
Impact sur la profession légale
« De façon générale, les étudiants en droit, tant masculins que féminins, impliqués dans les divers groupes de discussion ont exprimé leur frustration relativement au nombre d’heures toujours en expansion qu’ils devront facturer en travaillant à temps plein dans les grands bureaux. Ils recherchent désespérément des horaires plus sains et sont prêts, voire planifient, quitter leur emploi en cabinet si nécessaire. »
Ce sondage fournit des preuves supplémentaires d’un écart générationnel important au niveau de la conciliation travail-famille – lequel aura un impact certain sur la profession légale dans les années à venir.
D’ailleurs, au cours des quelques dernières années, plusieurs organisations d’étudiants en droit aux États-Unis se sont multipliées et se consacrent au changement de culture dans la profession.
La question est de savoir comment répondront les cabinets d’avocats. Seront-ils en mesure de respecter les politiques favorables aux familles qu’ils ont mises sur papier mais qui n’ont pas encore été réalisées en pratique ?
Pour consulter les résultats de ce sondage (en anglais), cliquez ici.
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