Joséane Chrétien a 31 ans, un travail en litige chez Osler et deux enfants en bas âge. Pourra-t-elle en plus assumer la présidence de l’Association du jeune barreau de Montréal (AJBM) ?

C'était là la question à ne pas poser à cette avocate, admise au barreau en 2003 et piquée, comme elle le dit, depuis 2005 à l’Association du jeune barreau de Montréal.

"On ne peut pas accepter que le poste de président soit réservé aux célibataires / pères", dit-elle.

La jeune femme a annoncé en décembre 2008 qu'elle se présentait à la vice-présidence et y est parvenue, après une campagne disputée contre Me Philippe de Grandmont.

« Jusqu’à la présidence on se débrouille et on peut faire en sorte que l’implication pour l’association n’empiète pas sur ses obligations professionnelles, dit-elle. Mais en devenant présidente, ce n’est plus possible. Il faut que l’employeur soit derrière nous. J’ai une entente avec Osler. »

Son bureau lui a accordé le même traitement que celui offert par d’autres grands cabinets ayant été employeurs d’un président de l’association et l’a donc dégagé d’environ 150 heures facturables.

« J’ai conscience d’en demander beaucoup, d’autant que j’ai cumulé deux congés maternité » , dit-elle.

« Comment j’y arrive ? J’accepte mal de me faire dire non. Je dois en plus être téméraire pour penser que je peux tout faire. Alors oui, certains jours je suis tiraillée, même fatiguée. Mais personne ne m’a forcée ni à demeurer en grand cabinet, pas plus qu’à avoir deux enfants et encore moins à prendre la tête de l’AJBM. Alors, j’assume et ne me plains pas. »

Que faire de toute cette énergie ?

Joséane Chrétien est rompue au fonctionnement de l’association, dans laquelle elle siège depuis cinq ans, ayant été initialement bénévole du Comité affaires publiques.

Elle sait que l’association est avant tout une institution collective et elle ne veut pas faire table rase du passé, même si elle promet créativité et renouveau.

Son mandat débuté le 13 mai dernier commence concrètement aujourd’hui avec le lancement du blogue du CRL, développé par le comité Recherche et Législation.

« C’est un gros projet pour l’association, dit-elle. On veut recueillir de l’information jurisprudentielle et législative intéressante. Il ne s’agit pas de faire une revue exhaustive, mais plutôt pertinente des nouvelles décisions qui sortent. »

Me Chrétien se lance également dans l’organisation d’un nouveau concours de plaidoirie en anglais, qui sera le pendant anglophone de l’actuel Prix Paris-Montréal. Première édition septembre prochain.

Un autre de ses dadas sera la rédaction d’un mini-guide pratico-pratique sur un thème qu’elle connaît bien, celui de la conciliation travail-famille. Quand ? « Je vous le promets avant l’été ! », dit-elle.

Qu’augure cette présidence pour la suite ?

« Oh là, je ne prévois pas ma vie comme cela, j’ai une grosse année devant moi. Pour la suite, on verra ! »

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