« Tant en escrime que lorsqu’on représente un client, il faut éviter de se laisser emporter par sa colère ou son égo. Il faut être bien préparé, mais aussi être capable d’avoir une réflexion rapide, de réagir à toute éventualité. »
Enfin, les Jeux !
Par trois fois, Yann Bernard l’escrimeur a raté de peu une qualification olympique : au fleuret à Sydney, puis à Athènes, au fleuret et à l’épée. C’est plutôt Yann Bernard l’avocat qui a pu vivre l’expérience olympique, à Vancouver en 2010, en tant qu’ombudsman de l’équipe canadienne, poste qu’il aurait occupé à Pékin s’il n’avait pas en même temps vu naître son troisième enfant.
À quoi ressemble cette expérience olympique qu’il a tant recherchée?
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Son rôle d’ombudsman l’a poussé à s’occuper à la fois des allégations de discrimination, des plaintes concernant le comportement des athlètes, des cas de dopage, des demandes liées aux médicaments prescrits à certains athlètes et des contestations de résultats.
« J’essayais autant que possible de prévenir les problèmes avant qu’ils ne se posent. C’est pour ça qu’il faut être le plus près des athlètes possible. »
En garde !
Pour Yann Bernard, l’escrime est avant tout un sport de concentration et de volonté de vaincre.
« C’est un affrontement intense mais courtois, où seuls les deux escrimeurs comprennent réellement ce qui se passe. »
Comme les combats comportent de nombreuses reprises, il faut gérer le niveau d’adrénaline pour être à son meilleur au bon moment, c’est-à-dire à la touche.
« Un bon athlète, qui a le physique et la technique, mais dont le désir de vaincre n’est pas immense ne se rendra jamais très loin », dit cet ancien président de la Fédération d’escrime du Québec.
Outre cette agressivité canalisée, l’escrime se définit par sa vitesse d’exécution.
La touche d’escrime peut aller dans toutes les directions et sa trajectoire est donc imprévisible.
Concilier ses rêves
Pour se donner de meilleures chances de réussir dans sa quête olympique, Yann Bernard, admis au Barreau en 1994, a quitté son poste chez Lavery de Billy en 2000 pour travailler à la commission scolaire English Montreal, puis à la commission scolaire de Laval, où il a occupé le poste de secrétaire général, le tout en élevant trois enfants.
C’est surtout l’escrime qui a souffert de cette double vie.
En travaillant comme avocat, il lui était impossible de s’entraîner trois fois par jour comme ses adversaires.
« En ce sens, le droit m’a coûté mon rêve olympique, c’est vrai. Sauf que je poursuivais en même temps des rêves d’avocats. Ce n’est pas plus mal. »
Si Yann Bernard ne s’est jamais qualifié pour les Jeux Olympiques, il a su représenter le Canada de belle façon sur la scène internationale.
Ses meilleurs résultats sont une 6e place à la Coupe du monde de Lisbonne en 2001et une victoire contre le numéro un mondial à sa première Coupe du monde en épée.
En rétrospective, ce guerrier du droit ne regrette rien. Il dit avoir appris beaucoup sur lui-même et sur la vie. Il peut en plus compter sur des amitiés soudées avec ses anciens coéquipiers.
« C’est comme si nous avions fait la guerre ensemble. Nous avons porté l’uniforme et nous avons combattu les mêmes ennemis en civil », dit le vétéran escrimeur.


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