C'est devenu une habitude, presque un rituel. Tous les ans, au printemps, depuis 1997, est publié en anglais un guide épais comme un demi-bottin téléphonique, dans lequel il est préférable d'être répertorié lorsqu'on est avocat: The Guide to the Leading 500 Lawyers in Canada.

Comme son nom le suggère, c'est un peu la version Fortune 500 de la communauté juridique, sauf qu'on n'y retrouve pas le classement des plus grandes entreprises, mais des biographies d'avocats canadiens, les meilleurs paraît-il, et ce, dans une soixantaine de domaines du droit.

Un honneur

Pour beaucoup avocats, c'est un honneur de se retrouver dans cette bible publiée par LEXPERT et American Lawyer.

Me Loranger pour la première fois dans le guide, dans la catégorie Litige en valeurs mobilières
Me Loranger pour la première fois dans le guide, dans la catégorie Litige en valeurs mobilières
Non seulement cela confirme qu'ils sont bons, mais, en plus, ce sont leurs pairs qui l'affirment, par le truchement de questionnaires remplis toute l'année.

«C'est toute une reconnaissance et une grande fierté», dit l'associée de Gowlings, Julie-Martine Loranger, qui se retrouve dans le guide pour la première fois de sa carrière. Dans la version 2011, l'avocate figure pour Montréal dans la catégorie Litige en valeurs mobilières, aux côtés de deux gros canons, les supers plaideurs William Brock, de Davies et Raynold Langlois, de LKD.

Un gage de compétence

Au-delà des honneurs et de la flatterie, ce guide est surtout important pour les avocats et leurs cabinets parce qu'il est consulté par les grands acheteurs de services juridiques, notamment dans les services juridiques des entreprises.

Il est aussi distribué dans les cabinets d'avocats américains, dont plusieurs clients ont un intérêt pour le Canada.

«C'est un gage de compétence pour nos clients étrangers, eux qui n'ont pas le bénéfice de nous connaître par les réseaux locaux», dit l'associé Alain Riendeau, de Fasken Martineau, qui figure dans ce répertoire depuis quelques années dans la catégorie Insolvabilité et Restructuration financière.

Il explique que les clients ne choisissent par leurs avocats dans un catalogue, mais que le fait d'y voir un juriste répertorié avec d'autres considérés parmi les meilleurs les rassure. «En quelque sorte, ça vient confirmer leur choix», soutient Me Riendeau.

Les clients le lisent

Me Themens,patron de Davies à montréal, dans la catégorie droit commercial
Me Themens,patron de Davies à montréal, dans la catégorie droit commercial
Il n'empêche que le guide peut être d'une grande utilité pour qui recherche un professionnel du droit, car il est divisé par domaine très pointus. Vous cherchez à Montréal un pro en arbitrage international? À la page 169, vous découvrirez Babak Barin, de BCF, de même que Benjamin J. Greenberg, de Stikeman Elliott.

Un spécialiste en droit commercial? Les pages 231 et 232 vous défilent une brochette des plus grandes stars de Montréal dans ce domaine, dont le patron de Davies à Montréal, Pierre-André Themens.

«Ça fait toujours plaisir d'être reconnu», dit Me Themens, habitué de ce genre de distinctions. Comme patron de grand cabinet, il soutient que c'est important qu'un maximum de ses avocats y figure, car les clients lisent ce genre de publication.

«À choisir entre trois avocats, les clients vont opter pour celui reconnu par ses pairs», dit-il, même s'il estime que de très bons avocats n'y sont pas.

Des centaines de dollars

Les avocats ne paient pas pour figurer dans ce palmarès. Ils sont choisis par leurs pairs, qui répondent à des questionnaires ou qui soumettent des noms.

Sauf que, pour avoir leur bio et leur photo dans la publication, il faut casquer, parfois plusieurs centaines de dollars.

Pour un cabinet qui compte plusieurs vedettes, la facture grimpe rapidement.

La plupart des cabinets choisissent de payer; la concurrence le fait, il serait mal vu de leurs propres avocats de ne pas être présents. Ceux qui ne veulent pas payer sont relégués en fin de chapitre; seuls leurs noms et celui de leur cabinet sont indiqués. Comme quoi la reconnaissance a un prix...



Les meilleurs cabinets de Montréal

En plus de classer les avocats, le guide des 500 évalue aussi les cabinets dans divers secteurs de droit. Quels sont les meilleurs à Montréal? Les voici...

Droit corporatif

1) Stikeman Elliott
2) Davies, Ogilvy Renault, Fasken Martineau
3) McCarthy Tétrault, Osler

Litige

1) Ogilvy Renault
2) Davies, Stikeman
3) McCarthy

Propriété intellectuelle

1) ROBIC
2) Ogilvy Renault
3) Smart&Biggar

Droit du travail

1) Ogilvy Renault
2) Rivest Schmidt
3) Heenan Blaikie