Passer un message, ce n’est pas inné. Combien de fois vous est-il arrivé de vous dire que l’interlocuteur en face de vous, ou encore le présentateur que vous êtes venu entendre est ennuyant à mourir ?

Certaines écoles se targuent de parvenir à transformer les êtres les plus introvertis en communicateurs habiles et captivants.

Sans prétendre offrir de recette miracle ou faire de vous le prochain Steve Jobs, cette chronique a pour but de vous mettre en garde contre les pièges courants de la communication spontanée.

Voici donc notre liste (bien subjective) des principales erreurs à éviter, que ce soit en entrevue journalistique ou lors d’une présentation.

1. L’ouvreur de parenthèse

C’est une tare que l’on observe hélas trop souvent, spécialement chez les hyper-spécialistes. L’ouvreur de parenthèse multiplie les détails, définit chacun des concepts abordés, en oubliant généralement de respirer.

Résultats : l’interlocuteur perd souvent l’essentiel du propos et le message est confus. On le note généralement chez ceux qui « s’entendent » parler et cherchent à nous exprimer un concept, en y incluant les notes en bas de page.

Bien communiquer, c'est faire le tri parmi les informations explique Mathieu Rompré
Bien communiquer, c'est faire le tri parmi les informations explique Mathieu Rompré
Conseil : Communiquer, c’est faire des choix. Lorsque vous communiquez un principe à un journaliste (ou même à un client), il y a des détails et des exceptions à la règle qu’il vaut mieux laisser de côté de manière à offrir une vulgarisation efficace… et compréhensible.

2. Le discours soporifique

Qui n’a pas déjà assisté à une présentation Power Point durant laquelle on se surprend à penser à sa liste d’épicerie ou son prochain changement d’huile? Le discours ennuyant est le cancer de la communication. Il n’incite qu’à une chose : cesser de vous écouter.

Conseil : une bonne préparation de discours ou d’entrevue inclut forcément des formulations, des idées, des concepts, des exemples qui sauront garder l’attention de votre auditoire ou de votre interlocuteur.

3. L’interviewé arrogant

Erreur plus rare, certes, mais impardonnable. Il m’est arrivé comme journaliste de tomber sur l’interviewé sûr de lui au point d’en être désagréable. Ce type d’interviewé s’est généralement préparé pour un affrontement (typique des avocats de litige]). Il cache bien mal une aversion certaine pour les médias en général et ne parvient pas à dissimuler son mépris pour quiconque lui pose des questions qu’il juge indignes de son rang.

Conseil : Aussi brillant puissiez-vous être, le journaliste et son équipe demeurent en contrôle du contenu, du montage et du choix des extraits. S’il y a un moment dans la vie où il est payant de faire preuve d’humilité, c’est bien au moment d’une entrevue.

4. Le moulin à parole

Le pire scénario pour un reporter (après l’interviewé qui ne répond que par oui ou par non), c’est l’invité qui est incapable de se taire. Ça peut toujours passer dans le cadre d’une longue entrevue diffusée en entier, mais neuf fois sur dix, le reporter qui ne cherche qu’à obtenir du contenu informatif et des commentaires ciblés aura du mal à se servir des longs monologues d’un verbomoteur.

Conseil : L’usage en cette matière est de viser des phrases courtes, concises. Il est généralement recommandé de s’en tenir à une idée par réponse. Et le conseil s’applique tant à l’entrevue journalistique qu’à la présentation devant auditoire.

5. L’improvisateur

J’ai abordé dans une récente chronique, la question de l’évaluation de la pertinence d’accorder ou non une entrevue. Êtes-vous la bonne personne pour l’entrevue? Êtes-vous à l’aise avec le sujet? Êtes-vous suffisamment préparé pour vous livrer à cet exercice? S’il vous faut un exemple pour vous convaincre que l’improvisation n’est jamais une bonne idée et qu’il faut préparer une entrevue aussi bien que l’on prépare la comparution d’un témoin, la vidéo suivante devrait être éclairante.

Le lecteur Flash n'est pas disponible.


Note : la vidéo met en scène le candidat à l’investiture républicaine Herman Cain. Celui-ci n’avait de toute évidence pas jugé bon se faire une tête sur l’intervention militaire américaine en Libye, intervention en appui aux rebelles qui ont finalement mis fin au régime de Mouammar Kadhafi.