Je suis étudiant en 2ème année de droit à l’Université de Montréal, et je participe actuellement à la course aux stages. Je suis entré à la Faculté de droit avec une formation pré-universitaire en administration des affaires. J’ai choisi le droit, car c’est un domaine imprévisible ! En effet, on a beau connaître la loi, toujours est-il qu'il faut savoir l’interpréter, en saisir les contours et jongler avec les différentes sources du droit. Cela fait de l’exercice du droit un métier qui est tout, sauf routinier, où l’on ne sait jamais ce qui nous attend : c’est ce qui m’y a attiré en premier lieu. Pour moi, un bon avocat n’est pas seulement quelqu’un qui ne connaît bien que la loi, mais une personne qui est capable de s’adapter aux différentes situations, d’user d’audace et… d’imagination !

Ismail Dinger voit la course au stage comme un challenge qui permet de faire ressortir le meilleur en lui
Ismail Dinger voit la course au stage comme un challenge qui permet de faire ressortir le meilleur en lui
La course aux stages ne me stresse pas : elle n’est à mes yeux qu’une charge de travail de plus à gérer dans ma formation professionnelle. Mieux vaut s’y habituer, car si on ne sait pas dès maintenant garder la tête froide dans une course aux stages, j’imagine difficilement comment il sera possible d’affronter tous les écueils de la pratique du droit. C’est pourquoi je crois qu’il faut plutôt voir la course comme un défi, comme une occasion de se dire qu’on est capable, qu’on peut faire ressortir le meilleur en nous dans des circonstances, parfois, des plus astreignantes. De surcroît, on ne doit pas imaginer que les recruteurs vont nous manger: ils sont humains et ont conscience de ce qu’on ressent, puisqu’ils sont passés par là et savent qu’il s’agit d’un passage assez formateur.

Je suis d’avis qu’il faut, dans le cadre de l’entrevue, rester soi-même... impérativement. On est maître de sa parole, mais on en devient l’esclave une fois qu’elle sort de notre bouche. Cela dit, il ne faut pas craindre de dire ce qu’on pense, car faire l’inverse équivaudrait à occulter sa vraie personne, sa réelle nature, et se contraindre à passer une vie à jouer à cache-cache avec soi-même et ses pairs. En fait, quel que soit le résultat de la course aux stages, on doit y voir une expérience positive dont émanera une plus grande conscience de nous-même, comme étudiants et futurs professionnels, tant au niveau de notre réel intérêt pour le type de pratique proposé par les cabinets, qu’au niveau des aspects de notre approche que l’on doit améliorer afin de réussir dans le milieu.

Cette dernière idée m’aide beaucoup à demeurer réaliste : il se peut très bien que je ne reçoive pas d’offre à la fin de la course. Cependant, l’expérience que j’aurai acquise laissera en moi une marque indélébile. En d’autres termes, je n’éprouverai pas de regrets si je n’obtiens pas de stage : au contraire, je serai heureux d’avoir dédié autant d’efforts et de temps à relever ce défi, sachant que le réel échec aurait été de ne pas participer à une course, à un processus menant au type de pratique du droit que je vise depuis le commencement de mes études en droit.

Finalement, l’aspect le plus important de cette course, c’est l’occasion qu’elle procure de dresser le portrait le plus juste et le plus réaliste de mes qualités et de mes expériences, au travers de mes interactions avec des employeurs potentiels issus du milieu que je souhaite intégrer. Et si, dans le même temps, j’ai l’inestimable opportunité d’interagir avec des professionnels chevronnés du droit des affaires, cette aventure m’aura permis, au demeurant, de mieux appréhender le professionnel du droit, la personne adulte que je souhaite devenir à l’issue de mes études universitaires.

Ismail Dinger
Étudiant en 2e année à la Faculté de droit de l'Université de Montréal