Pourquoi quitter le Québec pour la France lorsque l’on est un avocat québécois ?

1 – Opportunité

Me Maxime Léveillé habite Paris depuis 2 ans et demi et pratique depuis quelques mois chez Norton Rose. Un diplômé de l’Université de Montréal, qui a toujours senti en lui la profonde envie d’aller travailler à l’étranger.

Me Maxime Léveillé travaille depuis 2 ans et demi à Paris et depuis quelques mois chez Norton Rose.
Me Maxime Léveillé travaille depuis 2 ans et demi à Paris et depuis quelques mois chez Norton Rose.
« Je n’étais pas parti en échange, et j’étais resté sur ma faim », déclare l’avocat québécois. Très vite, son choix se porte sur la France : ce sera l’Université Panthéon-Assas (Paris 2) où il entrera en maîtrise pour étudier le droit public de l’économie.

« La France offre des programmes de maîtrise plus variés, plus axés sur la recherche, à portée plus professionnelle »

Au terme de ces deux années, il entre comme stagiaire chez Colas, puis se voit rapidement proposer un poste chez Norton Rose, l’occasion pour lui de s’occuper des PPP dans un rayon plus large, qui inclut universités, collèges, hôpitaux.

Une belle façon aussi, pour lui, de côtoyer deux cultures : anglo-saxonne, et française.

« Avec l'accord de reconnaissance professionnelle intervenu entre le Barreau du Québec et le Conseil National des Barreaux, de plus en plus de jeunes avocats débutent leurs carrières professionnelles en France », assure Me Léveillé.

A l’instar de Me Alexandra Popa, juriste d’entreprise à la Société Générale. Elle aussi est québécoise.

Aujourd’hui, cette diplômée en DESS de common law de l’UdM se déclare heureuse et épanouie, à Paris.

Me Alexandre Popa, juriste d'entreprise à la Société générale.
Me Alexandre Popa, juriste d'entreprise à la Société générale.
Son métier, très technique et opérationnel, l’amène à découvrir chaque jour différentes cultures aux visages professionnels variés.

“ Mes clients sont des banquiers, des commerciaux, qui travaillent pour l’activité de corporate cash management à la Société Générale. Je les assiste autour de l'encadrement de produits que l'on offre a des grands clients, de l'appel d'offres aux restructurations, tout dans un but d'optimiser leur trésorerie”.

Gestion de flux, prêts intragroupes, droit bancaire, grande interaction avec le client interne, au sein d’une institution “universelle” qui fait affaire avec 85 pays: elle n’aurait pas trouvé cela au Québec.

2- Communauté

Par hasard, leur pratique parisienne les amène à s'impliquer au sein de l'Association des Avocats au Barreau du Québec en France (AABQF), association créé fin des années 80. Si au départ, elle compte une vingtaine de membres, elle en possède aujourd’hui plus d’une centaine.

Me Léveillé y est secrétaire, Me Popa, elle, préside l’association depuis quelques mois. A leurs côtés, trois autres membres: Me Lyse Guéry, Me Philippe Couture, et Me André Farand.

Leur objectif premier est de créer des liens entre avocats québécois en France et d'organiser des conférences au titre de la formation continue sur des sujets transversaux et variés qui vont du financement à l’immigration.

Au-delà d’une l’opportunité de réseautage, il s’agit surtout d’une communauté d’entraide, un groupe d’avocats québécois qui se connaissent, qui se réunissent, qui peuvent tisser des liens.

“Nous voulons favoriser l’échange d’informations, et promouvoir toutes les relations co-fraternelles entre les membres et les différents confrères qui exercent à l’extérieur de la France”, explique Me Popa.

3- L’atout Québec

Les qualités de l’avocat québécois selon Me Léveillé ? Un rapport au travail qui est très différent notamment au niveau des horaires de travail ou des mentalités.

« Au Canada, les gens arrivent plus tôt. En France, les gens prennent plus de temps pour tout: pour les pauses cafés, pour les repas. »

Selon lui, les grands cabinets anglo-saxons et les entreprises multinationales françaises voient les avocats québécois d'un très bon oeil étant donné leur mentalité nord-américaine, et leur bilinguisme, « ce qui est plutôt rare en France », précise-t-il.

« Pour les français, on représente l’américanité, un mode de vie différent, le côté « affaires », les européens, et notamment les français, sont sensibles à cette façon de faire américaine.

Les Québécois, selon lui, ont donc tout à gagner à partir en France, avec leur expérience en common law en poche, et leur LLB. Un LLB, à consonance anglo-saxonne, qui « veut dire beaucoup pour eux ».

Partir en France est un bon moyen de mettre en pratique son bijuridisme.

D’autant plus que « le droit québécois est calqué sur le droit français, notamment en matière de droit privé », dit-il.

Aujourd’hui, c’est une réalité: les avocats québécois intègrent de grands cabinets internationaux en Europe, et surtout à Paris. Linklaters, Clifford Chance, Skadden, Freshfields: la liste est longue.

Et ce ne sont pas les seuls puisque de nombeuses entreprises françaises d'envergure recrutent désormais des avocats québécois.

Et vous alors ? Prêts pour le grand saut ?