Mercredi soir, à l’Université McGill, deux avocats de McCarthy Tétrault sont venus à la rencontre d’une vingtaine d’étudiants.

McCarthy, rappelons-le a notamment initié le premier réseau national pour ses employés Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT), partout au Canada,

Me David Platts, associé, McCarthy Tétrault
Me David Platts, associé, McCarthy Tétrault
Me David Platts, 47 ans, un associé de ce bureau, a effectué sa course aux stages il y a presque 25 ans. Pour l’avocate Me Elisabeth Brousseau, en revanche, le processus ne remonte qu’à trois, quatre ans.

Ceci leur a permis d’évoquer le sujet sous un angle évolutif : bien évidemment, les choses sont plus faciles aujourd’hui que deux décennies en arrière.

« Cela ne choque plus personne, dit Me Platts, professionnellement, cela ne m’a jamais empêché à rien et n’a aucun rapport avec le fait d’être un excellent avocat.»

En 2012, tout est plus simple.

Aussi grâce au travail et à l’existence d’OutLaw association pour les étudiant(e)s gays, lesbiennes, bisexuel(le)s et transgenres ainsi qu’aux hétéros qui s’intéressent aux questions d’intérêt LBGT.

« Tout le monde est le bienvenu, et personne ne pose la question de toute façon », ajoute Me Platts.

Alexander Ostroff, 24 ans, en 2ème année de droit à McGill, est très impliqué dans l’association. Il était là, lui aussi, afin de présenter son groupe aux étudiants.

Un cercle d’étudiants, actifs mais pas activistes. Il ne faut pas confondre.

Alexander Ostroff, 24 ans, étudiant à McGill
Alexander Ostroff, 24 ans, étudiant à McGill
« Quand je parle de moi-même, c’est toujours vécu comme un acte politique. Toi, c’est la vie normale. Mais si je veux participer à la vie sociale dans un bureau, il faut que je puisse parler de qui j’aime, et de ce que je suis », explique Me Platts.

« Ce n’est pas un acte politique, c’est simplement « vivre ta vie »… », ajoute Alexander Ostroff.

En droit, OutLaw est la seule organisation structurée à étudier les thématiques LBGT à la lumière du droit.

Ils organisent des discours et des activités de sensibilisation, rédigent des rubriques et planifient des visites à la Cour Suprême.

« Nous collaborons avec des organisations communautaires à Montréal, de façon directe. Avec la Coalition des Familles Homoparentales par exemple, en ce moment, on réalise une brochure informationnelle sur le statut légale des familles homoparentales. »

What’s next ?

Chez McCarthy, qui a fait de la diversité une de ses priorités, la collaboration avec OutLaw, est donc logique.

« En tant qu’avocats, on ne fait pas ça dans le but d’aider quelqu’un à s’accepter à l’école, l’école est là pour ça, mais plutôt de parler de la prochaine étape, what’s next ? »

Et donc, des clients. Car s’il est peut-être facile de refuser de travailler dans un cabinet qui n’accepterait pas la chose, le client, lui, ne se choisit pas.

« Face à un client homophobe, nous répondons simplement : Savez-vous que notre bureau n’accepte aucune discrimination ? Ce travail là d’éducation c’est aussi notre responsabilité en tant que bureau et avocat », explique Me Platts.

Finalement, de l’union OutLaw/McCarthy, naît une visibilité. C’est cela, le plus important.

« C’est comme pour toutes les communautés minoritaires, explique Alexander Ostroff, c’est important qu’il y ait une visibilité, de voir des gens comme toi, et qui sont de grands avocats, dans de grands cabinets. »

La réponse est donc oui. Oui, il faut le dire. Pour être soi-même.

« Pourquoi faut-il le dire ? La question se pose. Parce que le travail est aussi une place de bonheur, d’amitié et d’accomplissement personnel. », dit Me Platts.

Loin de se prendre pour un modèle ou un porte-parole de la cause, il est tout simplement venu dire aux étudiants : « aujourd’hui le bonheur et le succès sont là, et cela va continuer »