Me Mathieu Piché-Messier est associé chez Borden Ladner Gervais et pratique en droit civil et commercial.

1. Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocat plutôt que de choisir un autre métier/profession?

J’ai été élevé dans une famille de juristes et ai donc probablement, il est vrai, été à l’origine influencé en ce sens. Nous étions, dans la famille, encouragés à parler et à donner notre opinion. Cela dit, j’ai toujours aimé prendre une cause et la défendre. J’étais attiré par la justice, le côté « contrat social » du droit et les défis que posent la possibilité de participer à l’amélioration du système.

Le plus grand défi de Me Piché-Messier : savoir bien faire son travail et continuer à développer une expertise
Le plus grand défi de Me Piché-Messier : savoir bien faire son travail et continuer à développer une expertise
J’ai quand même décidé de faire mon cégep en sciences de la santé, comme j’aimais aussi l’aspect scientifique des choses. C’était pour moi un domaine intéressant, mais qui m’a aussi permis de réaliser que ce qui m’était le plus naturel était le langage de la justice. Je me suis évidemment, comme d’autres, posé des questions, mais le choix n’a pas été pour moi déchirant – au contraire. L’idée de faire le droit s’est progressivement imposée à moi naturellement, en fait. Et je ne le regrette pas depuis!

2. Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face depuis vos débuts en carrière?

Mon plus grand défi est de savoir bien faire mon travail d’avocat et de continuer à développer une expertise, d’une part, en même temps que d’avoir des implications qui me permettent de redonner à la communauté, d’autre part. Mon objectif est de savoir rester disponible et à l’écoute de mes clients, tout en maintenant mes implications, qu’elles soient de nature communautaire comme le Cirque Eloize ou Make-a-Wish Quebec, ou encore à caractère juridique, comme c’est le cas avec le CAIJ. Le défi est de savoir jumeler les deux, tout en conservant un certain équilibre.

3. Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il?

À mon avis, l’une des choses qui est le plus important de continuer à améliorer est l’accès à la justice. J’en parle d’ailleurs souvent, comme cela représente à mon sens l’un des piliers fondamentaux de notre société et de la démocratie. Il est nécessaire de rendre la justice accessible au plus grand nombre de personnes possible.

Et quels sont selon vous les changements à anticiper au cours des années à venir quant à l’exercice de la profession en cabinet?

Je crois que le rôle de l’avocat sera beaucoup appelé à changer. L’avocat deviendra, de plus en plus, un véritable partenaire d’affaires, un conseiller et un stratégiste pour son client. Il saura être bien plus qu’un « outil permettant d’instituer des procédures ». Il tentera de régler les problèmes, et devra pour bien conseiller prendre en considération le véritable intérêt d’affaires du client, en plus de savoir travailler en équipe. Son offre de services devra dépasser celle de la simple consultation juridique, et lui demandera de voir les choses dans une perspective beaucoup plus large.

4. La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi, à votre avis?

Je crois que la perception est plus positive. La culture de la profession change avec le temps, et les avocats sont à mon avis beaucoup plus conscients qu’avant de l’impact qu’ils ont sur leurs dossiers et leurs clients. En effectuant cette transition et en devenant partenaires d’affaires de leurs clients, les avocats deviennent plus utiles, ce qui contribue à rendre l’image de la profession plus positive.
De plus, le public est, je crois, de plus en plus conscient de l’effort que certains organismes et partenaires du Barreau font pour donner une meilleure image de la justice en améliorant les choses. Il demeure cependant que beaucoup de gens ont encore de la difficulté à avoir accès à leurs droits en raison du système, et il faut donc continuer les efforts en ce sens.

5. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière? Que dit-on à quelqu’un ayant l’ambition d’être une jeune étoile montante et une personne en vue dans la communauté juridique?

Je crois qu’il faut être prêt à donner et à s’impliquer dans sa profession. Il faut être prêt à apprendre et à donner de son temps pour partager ses connaissances et à « redonner ». Un avocat à ses débuts doit d’abord s’assurer de bien faire le travail pour lequel il est engagé, pour ensuite pouvoir penser à ce qu’il a envie de faire au-delà de ce à quoi on s’attend de lui. Il faut évidemment pour cela avoir la chance de travailler auprès d’un employeur qui nous supporte, ce qui a été mon cas. Enfin, lorsqu’on s’implique, il faut ne pas le faire qu’à moitié! Il est important de toujours se souvenir et de rester près des gens qu'on aime, de ses valeurs, de ses priorités et de ne jamais perdre ses rêves de vue, aussi grands soient-ils. Personne ne devrait, à la fin de sa vie, devoir se dire: « si j'avais su, mes rêves, je les aurais faits encore plus grands! ».

En vrac…

• Dernier bon livre qu’il a lu : « Une brève histoire de l’avenir » Auteur : Jacques Attali

• Dernier bon film qu’il a vu : « Monsieur Lazhar » Réalisateur : Philippe Falardeau

• Ses restos préférés : SEb L’Artisan Culinaire (rue Saint-Georges au Mont-Tremblant) et Parreira, son traiteur préféré.

• Il aimerait visiter… La Croatie et il retournerait volontiers au Japon!

• S’il n’était pas avocat, il aurait voulu être… un agent secret!

Biographie

Me Mathieu Piché-Messier a été admis au Barreau du Québec en 1998 et est diplômé de la faculté de droit de l'Université de Sherbrooke. En novembre 2011, Me Piché-Messier a reçu la distinction de « Lexpert Rising Star – top 40 under 40 ».
Me Piché-Messier pratique à Montréal et possède une expérience spécialisée dans les domaines du droit civil et commercial, plus particulièrement dans les domaines de fraude commerciale, piraterie, litige de haute technologie, propriété intellectuelle et non-concurrence. Me Piché-Messier a travaillé à la préparation et l’exécution de plusieurs saisies avant jugement, injonctions et notamment d’ordonnances Anton Piller. À cet effet, Me Piché-Messier a aussi effectué plusieurs mandats d’avocat superviseur indépendant pour de grands cabinets d’avocats canadiens, a été conférencier à plusieurs reprises et a rédigé des articles à ce sujet. Me Piché-Messier est coauteur d'un livre intitulé: L’injonction et les ordonnances Anton Piller, Mareva et Norwich publié par la maison d'édition Lexis Nexis en février 2009.
Me Piché-Messier a été membre du Conseil exécutif et du Conseil général du Barreau du Québec, membre du Conseil d’administration et Secrétaire du Barreau de Montréal, membre du Comité exécutif de la division Québec du Barreau canadien, membre du Conseil d’administration de la Fondation du Barreau du Québec, membre du Conseil d’administration et Président de l’Association du Jeune Barreau de Montréal. Me Piché-Messier a été aussi membre du Comité de liaison du Barreau de Montréal avec la Cour d’appel du Québec et est membre du « Certified Fraud Examiners », chapitre de Montréal. Me Piché-Messier siège sur le Conseil d’administration du Cirque Éloize, est vice-président du Centre d’accès à l’information juridique du Québec (CAIJ), a été membre du Conseil d'administration de la Fondation LOJIQ (Les Offices jeunesse internationaux du Québec) et est membre du Conseil d’administration de Enfant-Retour et de Make-a-Wish Québec. Me Piché-Messier est aussi membre du Comité honoraire du 60e anniversaire du Théâtre du Nouveau Monde (TNM).