Le juge Luc Lefebvre a rejeté sa demande, vendredi matin, au palais de justice de Montréal.

« J’ai perdu aujourd’hui, mais pas à cause d’une question de droit, mais sur la justification de l’urgence de la situation », a commenté Guillaume Charette.

Le jeune homme de 25 ans, qui avait manqué deux jours de cours à cause des grèves étudiantes, avait saisi le tribunal, lui demandant d'ordonner d'urgence que toutes les mesures soient prises pour faire respecter son droit à l'éducation.

Guillaume Charette n'aura pas réussi à convaincre la cour de l'urgence d'émettre une injonction provisoire pour qu’il puisse aller en cours.
Guillaume Charette n'aura pas réussi à convaincre la cour de l'urgence d'émettre une injonction provisoire pour qu’il puisse aller en cours.
« Le tribunal estime que le critère d’urgence n’est pas respecté », a déclaré le juge.
L’étudiant mettait en cause son association étudiante, la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAÉCUM), ainsi que la vice-rectrice aux affaires étudiantes de l'université.

Pas de torts irréparables

Dans sa requête, l'étudiant alléguait avoir manqué deux journées de classe cette session, dont une lundi dernier. Cette fois-là, il se serait fait « huer » et « brasser » avant de finalement se rendre compte que l’enseignant ne s’était finalement pas présenté en cours.

« Comme le requérant n’a perdu tout au plus que deux jours de cours et qu’il n’est nullement question d’annuler la présente session, le tribunal estime qu’il n’a pas établi le préjudice irréparable requis pour l’émission d’une injonction au stade provisoire », a détaillé le magistrat dans son jugement.

Si la cause a été entendue si rapidement, c’est parce que Guillaume Charette plaidait « l’urgence » et le « tort irrémédiable » de la situation. Selon lui, la nature « imprévisible » des manifestations justifiait qu’une mesure d’urgence soit prise.

Le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, s’est pour sa part réjoui de la décision du juge et invite maintenant Guillaume Charette à poursuivre le débat sur la grève étudiante dans les assemblées générales.

« Je pense que ça va envoyer un message aux étudiants, a-t-il commenté. Ce n’est pas devant les tribunaux, mais dans les instances démocratiques prévues à cet effet (qu’il faut débattre de ce sujet.) »