1. Ne laissez pas vos collègues définir vos priorités

Exercer à l’interne, cela a des bons côtés, assure Cheryl Foy, conseillère juridique chez ViXS Systems à Toronto dans The Canadian Lawyer Mag.

Le conseiller juridique est perçu comme une ressource pour l’ensemble de ses collègues de travail, ce qui est une très bonne chose au regard des risques élevés à tous les niveaux de l’organisation.

Avant Cheryl Foy remuait ciel et terre pour respecter les délais de ses collègues
Avant Cheryl Foy remuait ciel et terre pour respecter les délais de ses collègues
"Tant en pratique privée qu’à l’interne, j’étais encline à remuer ciel et terre pour respecter les délais de mes collègues", se souvient-elle.

L’inconvénient, bien sûr, est qu’il n’y a aucune retenue ni frais à payer d’un côté, et aucune barrière naturelle de l’autre, pour décourager les collègues de demander de l’aide.

Au final, le refrain est toujours le même pour tous : chaque personne qui la contacte par courriel ou téléphone, chaque personne qui vient la rencontrer au bureau considère sa requête comme importante voire, le plus souvent, urgente.

Votre rôle, en tant que conseiller juridique, est donc de ranger ces requêtes par priorité.

Demandez-vous: laquelle est vraiment urgente ? Laquelle possède une importance relative ?

Parallèlement, assurez-vous que votre propre liste de tâches - et toutes ces choses que vous avez jugées bon d’entreprendre - demeurent votre priorité.

Personne ne comprend votre liste "de choses à faire", mieux que vous.

2. L’urgence d’un autre n’est pas la vôtre

"Mon travail n’est pas parfait, écrit-elle, mais c’est une bonne chose." Selon elle, il faut surtout se soucier de bien faire les choses importantes et s’efforcer à ce que les délais irréalistes imposés par certains, n’empêchent pas de se concentrer sur celles-ci.

Le plus souvent, les tâches de dernières minutes proviennent des mêmes personnes, conséquences le plus souvent de la difficulté d’une autre personne à bien s’organiser.

C’est là qu’intervient la nécessité de bien hiérarchiser l’importance à donner à ce que l’on vous demande.

De la même façon, c’est la nature du travail à faire, et non le statut de la personne demandeuse, qui définira la priorité à lui donner.

Votre propre point de vue sur les priorités juridiques de l’organisation, ainsi que vos engagements préalables, doivent primer sur tout le reste.

3. Répondre, ce n’est pas forcément réagir

Les urgences ne surgissent pas nécessairement en raison d’un manque de planification. Parfois, elles surviennent parce qu’un collègue juge qu’il a besoin d’une réponse immédiate à une situation donnée.

Pour beaucoup, faire face à une situation négative signifie agir. Pas forcément.

Selon Me Foy, entraîner ses collègues à prendre du recul et à modérer ainsi des situations d’urgence, est un bien inestimable pour l’entreprise.

L’action immédiate n’est pas nécessaire.

Aussi, ne faites jamais le travail d’un collègue à sa place, et communiquez bien votre rôle. N’écrivez pas à la place d’un collègue qui éprouve des difficultés pour l’écriture par exemple.

Et si dans le cadre de votre travail juridique, vous êtes amenés à réécrire régulièrement des communiqués de presse ou de marketing, et autres demandes de subventions, évitez toutefois l’urgence de la réécriture.

Si quelque chose n’est pas clair, renvoyez-le en signifiant le manque de clarté.

4. Vous n’êtes pas le seul à devoir prendre des décisions

Le principal rôle d’un conseiller juridique est d’évaluer rapidement les risques, et de prendre des décisions. Certes.

Cependant, une fois que vos collègues auront compris que vous êtes plutôt efficace en la matière, et que cela ne vous dérange en rien d’affronter les situations les plus dures, vous vous retrouverez à devoir prendre des décisions qui ne vous concernent pas forcément.

Assurez-vous de bien distinguer une décision d’évaluation du risque commercial, de celle qui concerne un risque global (et incluant les considérations juridiques).

5. Respectez votre temps

Si vous ne le faites pas, vos collègues ne le feront pas non plus.

"Je suis la première à rester tard, travailler de longues heures, et faire tout ce qu'il faut pour mener à bien un projet. Je n'aime pas la mentalité 9h-17h", témoigne Me Foy.

Selon elle, s’engager à être là lorsque l’organisation a besoin de vous est amplement suffisant.

Clairement, si vos collègues savent que vous allez rester tard et travailler les fins de semaine sans relâche, ils vous demanderont de le faire.

S’ils comprennent que vous avez d’autres engagements et priorités, ils ne prendront pas l’habitude de compter systématiquement sur vous, et apprendront à s’organiser, planifier et utiliser le temps à bon escient.

N’oubliez jamais une chose : vos collègues ne sont pas vos clients. Votre client, c’est l’entreprise.

Et personne ne doit compromettre la qualité du travail juridique fourni.