"Je vois le monde comme deux piliers, la Chine et les États-Unis", a expliqué à Bloomberg Peter Martyr, le PDG de Norton Rose.

"Pour être une entreprise mondiale, vous avez besoin d'avoir ces deux piliers. Ce que nous avons déjà, c'est le hamac qui se balance entre les deux actuellement", a-t-il précisé.

Deux places d'affaires sont incontournables selon Peter Martyr, les États-Unis et la Chine
Deux places d'affaires sont incontournables selon Peter Martyr, les États-Unis et la Chine
Installé à Londres, Norton Rose a augmenté ses effectifs de 1 200 avocats en fusionnant avec quatre cabinets, dont le québécois Ogilvy Renault en juin 2011.

"La transformation de Norton Rose a changé la façon dont le cabinet était perçu par les autres", estime le PDG de Norton élu le 1er janvier dernier pour un second mandat de trois ans.

Et si Peter Martyr assure ne négocier aucune fusion avec un cabinet américain actuellement, il dit recevoir six à sept visites de firmes par an. "Nous sommes constamment en train de parler à d'autres personnes."

Le candidat idéal, selon Peter Martyr, devrait avoir une forte implantation à New-York puisque toute entreprise mondiale doit être implantée là où se trouvent les grandes places financières internationales.

"Vous devez être aux États-Unis, affirme-t-il en précisant qu'une fusion devrait avoir lieu dans les 2 à 5 prochaines années. Si la bonne chose arrive, au bon moment, alors nous le ferons."

La Chine, un marché immature?

La firme dispose de bureaux à Beijing, Shanghai et Hong Kong. Pour autant, Norton n'a pas encore eu de discussion avec les cabinets chinois, le marché légal chinois n'étant pas encore mâture.

"Je ne crois pas que le marché soit réglé. Nous conservons néanmoins de bonnes relations avec une grosse poignée d'entreprises là-bas. Je ne pense pas que nous ayons besoin d'accélérer le rythme", confie-t-il.

Le Brésil, autre marché juridique que la firme pense vouloir investir, est un pays qui pourrait bien s'ouvrir aux fusions de cabinets d'avocats avec l'étranger, bien avant l'Inde, estime Peter Martyr.

"Le Brésil est un endroit où il est moins difficile d'opérer qu'en Inde, où vous avez cette sorte de mentalité de fonctionnaire incroyablement complexe, et un million d'avocats."

S'agissant des quatre fusions de Norton, avec l'australien Deacon, le Sud-africain Deneys et les canadiens Ogilvy Renault et Macleod Dixon, le PDG estime qu'elles ne sont pas si éloignées que ça, d'une fusion financière complète et totale.

Selon lui, "vous ne pouvez pas faire les choses à moitié. Si vous ne pouvez pas vous engager à 100% dès le premier jour, alors soit vous vous associez, soit vous avez un désastre potentiel sur les mains."

Le chiffre d'affaires de Norton pour l'exercice arrêté du 30 avril 2012, est estimé à 1,3 milliards $. Un chiffre exponentiel comparé au chiffre d'affaires de 464 millions $ affiché par la firme, un an avant sa fusion avec l'australien Deacon.

"Si nous n'avions pas été prêts sentimentalement à devenir une entreprise unique, nous n'aurions pas fait cet arrangement," a indiqué Peter Martyr au sujet de la fusion avec les Australiens.

"Si cela fait avancer le bateau plus rapidement, alors nous le faisons. Nous n'avons pas fixé une échelle de temps délibérément."