Pour vous, avocats, cela équivaut à dix heures de formation continue du Barreau. Mais pas seulement.

Marc-Antoine Cloutier, président fondateur et directeur général de la clinique Juripop.
Marc-Antoine Cloutier, président fondateur et directeur général de la clinique Juripop.
Assister au colloque de la Clinique juridique Juripop- entreprise d’économie sociale et organisme à but non lucratif qui a pour mission de favoriser l’accès à la justice- relève également de la responsabilité sociale de l’avocat, selon Marc-Antoine Cloutier, président fondateur et directeur général.

« L’accès à la justice est une responsabilité de l’Etat et de la société civile, mais aussi une responsabilité sociale des avocats. La première cause du manque d’accès à la justice est le montant des honoraires des avocats », explique-t-il.

Ce que souhaite la Clinique via ce colloque, c’est de sensibiliser les juristes sur cette réalité afin qu’ils prennent conscience du problème et statuent sur la marche à suivre.

« Nous voulons dresser le bilan en la matière : ce qui est fait, ce qui reste à faire. »

Les thèmes des principaux ateliers porteront sur « le langage clair, la sensibilisation et l’éducation », « la justice administrative », « les aînés», « les autochtones», « la modification du Code de procédure civile », « la législation Anti-Slapp », « les cliniques juridiques communautaires », « la langue parlée dans les tribunaux », et « la justice participative et les modes de résolution extrajudiciaires ».

Comment se vit au quotidien l’accès à nos tribunaux ? Comment la population peut-elle se faire aider ? Autant de questions dont Juripop a fait ses priorités.

En effet, l’organisme, via des avocats-conseils, prend en charge gratuitement ou à coût très modique les dossiers de citoyens qui ne sont pas admissibles à l’aide juridique gouvernementale, sans toutefois être en mesure de payer pour la défense de leurs droits.

Julien D.-Pelletier, fondateur de la clinique Juripop.
Julien D.-Pelletier, fondateur de la clinique Juripop.
Elle organise également moult initiatives de sensibilisation et d’information juridique.

Parmi ses revendications : l’augmentation des seuils d’admissibilités à l’aide juridique, et la création d’un fonds d’accès justice plus élaboré (Juripop ne reçoit par ailleurs aucun financement gouvernemental).

« Aussi, nous voulons mettre en avant les contributions des entreprises, aller chercher de l’argent au niveau des entreprises qui se poursuivent entre elles. L’enjeu, c’est l’engorgement des tribunaux », explique Marc-Antoine Cloutier, ancien de l’UQAM, et fondateur de la clinique avec Julien D.-Pelletier.

Les deux hommes dédient aujourd’hui leur temps à une seule mission : assurer un meilleur accès à la justice, à tous.

Enfin, autre belle occasion d’assister au colloque, selon Marc-Antoine Cloutier : entendre de nombreux panélistes et experts renommés évoquer ce sujet important.

Parmi eux : Pierre Noreau, président de l’ACFAS, le Bâtonnier du Québec, Louis Masson, le président de la campagne de financement de Juripop, Me Lucien Bouchard, Me Michel Robert, ex-juge en chef du Québec, Me Louise Otis, présidente du Tribunal de l’OIF, Me Nicolas Plourde, administrateur de Juripop et vice-président du Barreau, et bien d’autres.

Pour Lucien Bouchard, qui finance par ailleurs la campagne, l’appui du milieu des affaires, des avocats et de la population à la cause de l’accès à la justice est primordial.

« Dans le fond, ce que je pense, après avoir convenu qu’il y a un véritable problème en matière d’accès à la justice au Québec, c’est qu’il faut s’engager personnellement, s’intéresser à ce qui se passe, participer aux activités extrêmement bénéfiques organisées par la Clinique. Il faut donner de sa personne! »

La Clinique, qui a bien grandi depuis son ouverture en juin 2009, emploie désormais cinq avocats à temps plein, et 16 employés au total.

Elle a de nombreux projets : accompagner les organismes à but non lucratifs, rédiger des guides d’information juridique, participer à des concours de plaidoiries, et, donner des conférences dans les écoles.