Le cabinet pan-canadien Miller Thomson a conclut un accord de partenariat avec un cabinet d’avocats d’affaires en France, Fidal.

Me Pierre Paquet, avocat spécialisé en litige de nature commerciale et associé principal du bureau de Montréal, répond à nos questions…

Quelle est la stratégie du cabinet ? Que cherche à faire Miller Thomson ?

Bien que nous soyons un bureau pancanadien, nous cherchons à développer des marchés extérieurs, et ce depuis plusieurs années à travers ce que nous appelons des « initiatives globales ».

Notre stratégie est de couvrir de nombreuses régions du globe, comme le Nord de l’Europe ou la France, via des initiatives stratégiques tel que cet accord de partenariat entre notre cabinet et celui de Fidal.

Me Pierre Paquet
Me Pierre Paquet
Nous voulons développer de nouveaux marchés avec des entreprises et des entrepreneurs intéressés à faire affaire au Canada, ainsi que des offres de service pour les sociétés étrangères.

Le bureau de Fidal est composé de 1200 avocats, ce qui est énorme pour la France qui n’a pas habituellement des équipes aussi importantes qu’en Amérique du Nord. Géographiquement, Fidal couvre la France, dispose de plusieurs contacts et de relations importantes, et possède un bureau à Paris.

Comme nous avons travaillé avec eux ces quatre, cinq dernières années et que l’on possède des intérêts communs, la synergie était facile. Cet accord permet de formaliser la relation que nous entretenons depuis quelque temps.

France / Canada : qu’ont-ils à gagner ?

Sur le plan juridique, on constate un grand engouement du côté européen pour le marché canadien, notamment pour les marchés des ressources, de la technologie ou de la propriété intellectuelle. Le Canada est de plus en plus sollicité par de nouveaux investisseurs. Il n’y a qu’à voir les investissements massifs dans les secteurs miniers et pétroliers dans l’Ouest du pays, comme le plus de 1 milliard de $ investi par Total.

A plus petite échelle, les entreprises européennes sont également intéressées par le secteur aéronautique, ou agroalimentaire où les investissements européens sont nombreux. Ces gens d’affaires, qui font preuve d’intérêt pour l’économie canadienne, nous souhaitons les débusquer.

De leur côté, Fidal a également ses intérêts. Les entreprises canadiennes intéressées par le marché européen sont de plus en plus nombreuses. D’ailleurs, bon nombre d’entre elles sont présentes sur le territoire français.

Et le marché de l’Afrique ?

Nous, on commence à le connaître mais la France a déjà de nombreux contacts économiques importants en Afrique dans les secteurs pétroliers, du gaz ou miniers. Côté africain, on peut voir une véritable effervescence.

Cet accord, c’est aussi un pont entre le Canada et l’Afrique, via la France.

Les compagnies canadiennes veulent désormais faire affaire avec l’Afrique, on en voit de plus en plus, chose qui n’existait pas auparavant.

C’est quelque chose que Miller Thomson veut suivre, une évolution que l’on veut observer de près.

Envisagez-vous une implantation en France, à l’instar d’autres grands bureaux canadiens ?

Non. Notre stratégie, contrairement à d’autres grands bureaux, n’est pas de nous implanter en France.

Nous ne voulons pas concurrencer ces bureaux-là. Si le faisions, ils deviendraient des compétiteurs, et ce n’est pas notre intention.

Avec cet accord avec Fidal, nous souhaitons collaborer, profiter du réseau des autres et non pas concurrencer qui que ce soit.