L’avocat est mal aimé.

« Il suffit juste d’entendre le nombre de blagues qui peuvent se dire sur les avocats. Dans mon cas en plus, je suis blonde, alors imaginez comme c’est facile de rire de moi ! », plaisante Me Catherine Pilon, associée chez FMC et impliquée au sein du Barreau depuis une quinzaine d’années.

La perception du métier de l'avocat par le public, est mauvaise, déplore Me Catherine Pilon
La perception du métier de l'avocat par le public, est mauvaise, déplore Me Catherine Pilon
Une chose est certaine : si la nouvelle Bâtonnière du Barreau de Montréal ne se prend pas au sérieux, elle ne néglige pourtant pas les responsabilités inhérentes à sa récente nomination.

Parmi les projets qui lui tiennent à cœur, trois se distinguent : la promotion du rôle social de l’avocat, la proximité et la revalorisation des membres du Barreau, et, la protection du public, mission première du Barreau de Montréal.

« Il y a une méconnaissance, une mauvaise perception du public du métier d’avocat. C’est malheureux, déplore-t-elle. Les avocats que je côtoie au Barreau de Montréal ou de Québec sont tout le contraire de ce qui peut se dire. »

Au Barreau de Montréal il y a 400 bénévoles, rappelle-t-elle.

« C’est beaucoup. Ce sont des gens qui donnent de leur temps au Barreau sur divers comités en liaison avec le public, avec les tribunaux, ils participent à toutes sortes de projets et d’activités qui permettent une meilleure accessibilité à la justice, et une meilleure information pour le public. »

Selon elle, le rôle et le travail de l’avocat ne sont pas toujours faciles à comprendre pour le public.

« Je trouve que ces gens-là n’ont pas assez de publicité et je veux vraiment encourager les membres du Barreau de Montréal, à être fiers du titre qu’ils portent »

Au-delà de la mission de protection du public que poursuit le Barreau depuis des années, via les comités (d’infraction), les activités (d’information) ou les concours (de dissertations) au primaire, secondaire ou dans les CEGEP, Me Pilon veut redorer le blason de l’avocat.

Ses engagements

En termes de communication, elle souhaite être le plus proche possible des membres.

« Si les membres du barreau ou les avocats de Montréal sentent qu’ils veulent parler avec la bâtonnière, ils ont juste à prendre le téléphone et à m’appeler », dit-elle.

Difficultés ? Suggestions ? Critiques ? Sa porte est ouverte à tous.

Son autre projet, qu’elle a commencé à élaborer, est relié aux nouvelles technologies et à la signification par courriels dans le nouveau code de procédure civil qui va entrer en vigueur.

Pour être à l’avant-garde, prêts à agir et à utiliser les nouvelles technologies de la manière la plus efficace en terme de temps mais aussi monétairement pour les clients.

Aussi, Me Pilon, qui évoque « fierté et bonheur » lorsqu’elle parle de son mandat, s’engage à :
  • Écrire aux membres, au moins une fois par mois, sur des sujets qui auront croisé sa route de bâtonnière, via l’infolettre que les avocats reçoivent électroniquement,
  • Mettre sur pied un comité pour guider les avocats de Montréal sur la meilleure façon de faire de la signification par courriels et recueillir leurs commentaires afin de voir comment améliorer les choses,
  • Mettre en valeur des avocats du Barreau de Montréal, qui offrent de leur temps aux comités, en publiant leurs photos sur le site, en faisant une entrevue, en décrivant ce qu’ils font.

« Si, au moins au sein de la communauté juridique, on sait qui fait quoi, qui est généreux de son temps, c’est déjà beaucoup je pense pour l’avancement de la profession. »

Un programme chargé, qui ne lui fait pas peur.

« Cela va définitivement être une grosse année, oui, mais je l’anticipe avec beaucoup de plaisir ! J’ai des associés qui sont très compréhensifs et qui ont comme moi le désir de servir notre ordre professionnel. En m’épaulant et me permettant de le faire, ils participent eux aussi au Barreau. »