Yalda Machouf-Khadir fait face à 11 chefs d'accusations reliés à divers événements.

La Couronne s'est opposée à sa libération et à celle de trois des quatre autres personnes également arrêtées pour les mêmes motifs. Les audiences de libération sous caution doivent avoir lieu lundi.

Les avocats de la défense ont remis en question le moment des arrestations et l'opposition à la libération des suspects. La décision signifie que les quatre accusés demeureront en cellule jusqu'après la fin du Grand Prix du Canada, à Montréal, qui a lieu cette fin de semaine. Celui-ci est considéré comme le plus important et plus lucratif événement touristique du pays.

"Il s'agit d'un spectacle orchestré par la police de Montréal", a déclaré l'avocat Denis Poitras, soulignant que Mme Machouf-Khadir se rapportait déjà à la police à tous les lundis dans le cadre de conditions précédemment établies après qu'elle eut été arrêtée en compagnie d'étudiants qui ont bloqué le pont Jacques-Cartier.

"S'ils voulaient l'arrêter plus tôt, ils auraient facilement pu le faire. Nous comprenons que l'arrestation a tout à voir avec l'envoi d'un message avant le Grand Prix de ce weekend."

La Couronne n'a pas commenté l'allégation, vendredi. Selon la police de Montréal, les arrestations ne sont pas liées à la course de Formule 1.

"Il y a des accusations de voies de fait et de méfait, a noté Me Poitras. Les accusations ne sont pas banales en tant que telles, mais lorsque l'arme est une languette de bois d'une pancarte, ce n'est pas vraiment un bâton."

L'arrestation de Mme Machouf-Khadir survient quelques jours seulement après que son père, le seul député élu de sa formation politique, ait été détenu et mis à l'amende lors d'une manifestation déclarée illégale par la police à Québec.

Sa mère, Nima Machouf et quelques dizaines de sympathisants se trouvaient dans la salle d'audience, vendredi, pour la brève apparition de Mme Machouf-Khadir devant un juge. M. Khadir n'était pas présent.

Mme Machouf a reconnu la présence de journalistes, mais ne leur a pas adressé la parole. La veille, elle déclarait aux médias qu'elle craignait que l'arrestation de sa fille ne soit inéluctable en raison de l'implication politique de son conjoint.

Amir Khadir est en effet l'un des plus virulents détracteurs de la loi 68, et la demeure familiale, dans le centre-ville de Montréal, porte un panneau sur la balustrade avant indiquant : "Quand l'injustice devient loi, la résistance est un devoir".

Les accusations portées contre Mme Machouf-Khadir tournent principalement autour d'actes de vandalisme commis dans les bureaux de l'ancienne ministre de l'éducation Line Beauchamp et à l'Université de Montréal.

Des accusations ont également été portées contre Xavier Beauchamp, Simon Langlois, Zachary Daoust et Andréa Pilote. Les cinq personnes ont toutes plaidé non coupable.