L'ancien directeur de l'Unité anticollusion (UAC) n'a même pas encore commencé à décrire les stratagèmes de corruption mis à jour par son unité d'enquête, mais déjà, les révélations pleuvent.

Jacques Duchesneau a par exemple expliqué que dans plusieurs secteurs de la construction, toutes les entreprises ne sont pas libres de soumissionner comme elles l'entendent sur les contrats publics. Elles se retrouvent sous le joug des plus puissants.

« On a eu un cas où trois compagnies ont soumis des réponses à un appel d'offres. Mais quand on regardait un peu plus loin, les trois compagnies appartenaient à la même personne », a relaté Jacques Duchesneau.
« On a eu un cas où trois compagnies ont soumis des réponses à un appel d'offres. Mais quand on regardait un peu plus loin, les trois compagnies appartenaient à la même personne », a relaté Jacques Duchesneau.
« Si tu ne respectes pas la règle, si tu vas soumettre ton nom pour certains contrats alors que tu n’es pas supposé y aller, il y a un prix à payer », a-t-il raconté.

« Ça peut être de la violence physique. On peut t'asphyxier de façon économique. Des fois on va retenir les paiements. Quand tu es un honnête entrepreneur et que ton chèque ne rentre pas, tu ne peux pas payer tes employés », a ajouté le témoin.

Certains fournisseurs de matériaux, de leur côté, fixent les prix à leur guise pour éliminer la concurrence indésirable.

« Pour de l'asphalte, si on est des amis, je vais vous vendre 100 $ la tonne. Mais si on ne se connaît pas, c'est 110 $ », a dit celui qui a été pendant cinq ans directeur de la police de Montréal, dans les années 1990.
Au cours de ses travaux qui ont duré 18 mois et se sont terminés à la fin 2011, les enquêteurs de l'UAC ont également constaté une inquiétante concentration de la propriété des entreprises, qui tue la concurrence.

« On a eu un cas où trois compagnies ont soumis des réponses à un appel d'offres. Mais quand on regardait un peu plus loin, les trois compagnies appartenaient à la même personne », a relaté Jacques Duchesneau.

« Les gens qui font des trottoirs à Montréal, il y a toujours trois ou quatre compagnies maximum. C'est toujours les mêmes », a-t-il expliqué.

Le témoignage de Jacques Duchesneau devait être interrompu à 12 h 30, parce que son avocat avait d'autres engagements juridiques en après-midi. Il reprendra lundi matin.