Jacques Duchesneau a décrit le financement des partis politiques au Québec comme « un système hypocrite ou l'influence est allouée, où les décisions sont à vendre ».
Jacques Duchesneau a décrit le financement des partis politiques au Québec comme « un système hypocrite ou l'influence est allouée, où les décisions sont à vendre ».
M. Duchesneau a livré ces révélations fracassantes, mardi, devant la commission Charbonneau.

Le fruit de son témoignage résulte d'une enquête qu'il dit avoir menée de son propre chef au cours des derniers mois, après s'être aperçu que les problèmes qui minent le financement des partis sont « d'une ampleur insoupçonnée ».

« Il y a de l'argent sale qui permet de faire des élections », a-t-il tranché.

Depuis qu'il a remis la première et unique version du rapport de l'UAC, Jacques Duchesneau a rencontré 13 autres témoins qui l'ont renseigné sur le financement occulte des partis. Au total, il dit avoir accumulé 50 pages de notes pour soutenir ses dires, qu'il entend fournir « avec grand plaisir » à la Commission.

Selon M. Duchesneau, ce ne sont pas seulement les entrepreneurs et les firmes de génie-conseil qui sollicitent l'appareil politique. L'inverse est aussi vrai.

« Des organisateurs de partis politiques passeraient des commandes aux firmes d'ingénierie pour obtenir de l'argent », a-t-il expliqué.

« Il y a des grands argentiers, des gens qui ne paraissent jamais dans le paysage, mais qui sont là pour influencer dans un univers de contributions obligatoires », a-t-il précisé.

La corruption rongerait aussi la politique au niveau municipal. « Il y a des cotes qu'on doit donner à des partis municipaux pour obtenir des contrats », a assuré l'ancien patron de l'UAC. Une fois, on m’a raconté qu'il y avait tellement d'argent comptant dans un parti municipal qu'on avait de la difficulté à fermer la porte du coffre-fort », a-t-il poursuivi.

Le témoin n'avait nommé aucun parti politique en milieu d’après-midi.