Me Luc Leclaire
Me Luc Leclaire
Habillé d'une chemise à carreaux et de jeans bleu foncé, le présumé dépeceur est resté impassible, debout dans le box des accusés, fixant droit devant lui. Il n'a jeté aucun regard à l'audience.

D'entrée de jeu, un nouvel avocat de la défense a pris la parole. Me Luc Leclaire, de Toronto, a annoncé au juge qu'il entrait au dossier avec une autorisation spéciale du Barreau du Québec. Il sera assisté de Me Jean Dury et Me Pierre Panaccio.

Les avocats de Magnotta n'ont pas demandé une évaluation psychiatrique de leur client.

L'enquête préliminaire a été fixée en mars prochain avec une conférence préparatoire en janvier. L'enquête devrait durer 10 jours.

Le juge a également émis une recommandation quant aux conditions de détentions de l'accusé. Magnotta aura accès à des médicaments, mais les détails sont couverts par une ordonnance de non-publication.

Me Jean Dury
Me Jean Dury
Les avocats de la Couronne, Mes Hélène Di Salvo et Louis Bouthillier, n'ont pas souhaité faire de commentaires à ce stade-ci des procédures.

Invité surprise

La présence de Magnotta a été décidée à la dernière minute. Dès le matin, les constables spéciaux étaient sur le qui-vive au palais de justice de Montréal. Mardi, la défense avait demandé que la prochaine audience se déroule par vidéoconférence, mais Magnotta a finalement été amené au palais de justice pour comparaître en personne jeudi.

Un peu avant 13 h, une fourgonnette blanche aux vitres teintées du ministère de la Sécurité publique est arrivée, sirène allumée et escortée par plusieurs voitures banalisées.

On pouvait apercevoir des Asiatiques dans les véhicules d'accompagnement, mais on ignore s'il s'agissait de membres de la famille de la victime ou des membres du consulat chinois.

La famille de la victime, Jun Lin, est à Montréal depuis plusieurs jours déjà, mais elle n'a jamais souhaité faire de sortie publique.

Me Pierre Panaccio
Me Pierre Panaccio
Le dépeceur allégué, âgé de 29 ans, fait face à cinq chefs d'accusations, dont une pour le meurtre prémédité de Jun Lin, un étudiant chinois de 33 ans, qu'il aurait ensuite découpé en morceau.

Le crime, d'une extrême violence, aurait été commis le 25 mai dernier, à l'appartement de Magnotta dans le quartier Côte-des-Neiges. L'accusé aurait filmé la scène, avant de la diffuser sur internet.

Le torse avait été trouvé dans une valise en bas du logement, tandis que les pieds et les mains du décédé avaient été envoyés au Parlement et à deux écoles de Colombie-Brittanique.

Pour ces actes allégués, Magnotta avait été aussi accusé d'outrage à un cadavre, d'avoir produit et distribué du matériel obscène, d'avoir utilisé la poste pour envoyer du matériel obscène et de harcèlement envers Stephen Harper et des membres du Parlement.

L'accusé avait brièvement comparu en Cour du Québec mardi dernier, au lendemain de son arrivée au pays, suite à une cavale d'une dizaine de jours. Il avait été arrêté dans un café internet de Berlin, après qu'un citoyen l'eut reconnu.

Il avait plaidé non coupable aux quatre accusations les moins graves, comme c'est l'usage lors de la mise en accusation. Quant au meurtre prémédité, la plus grave dans le Code criminel, il n'a pas enregistré de plaidoyer, puisque cette accusation relève exclusivement de la Cour supérieure du Québec.