Ils étaient nombreux hier soir à la grande récolte de fonds pour la recherche contre le cancer à l'Université de Montréal.
Ils étaient nombreux hier soir à la grande récolte de fonds pour la recherche contre le cancer à l'Université de Montréal.
Il y a une date que Me William Brock, associé chez Davies, n’oubliera jamais : celle du 21 septembre 2004, jour où il apprend être atteint de leucémie myéloïde aiguë, sept ans après le décès de son père de la même maladie.

Il rentre tout juste d’un voyage en kayak en Alaska. Il a 49 ans.

« A ce moment là, j’étais en pleine santé, j’avais une carrière intéressante, deux enfants de 9 et 11 ans ; cela a vraiment été un choc. J’étais certain que c’était la fin », dit-il.

Sans greffe de moelle, son espérance de vie allait de 8 à 12 douze mois. Il eut alors, explique-t-il, l’impression d’être un litre de lait avec une date d’expiration.

« Tout a été très rapide. Je suis retourné au bureau pour faire un petit nettoyage, parlé à quelques collègues et associés puis je suis immédiatement rentré à l’hôpital, chose obligatoire après un tel diagnostic. »

Combat

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C’est le début d’un long combat contre la maladie.

Le 17 février 2005 : il reçoit sa greffe, à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, centre hospitalier affilié à l’Université de Montréal. Une transplantation de moelle osseuse grâce à un don de son frère médecin.

A peine guéri, Me William Brock contribue à établir le Fonds d’enseignement et de recherche sur les cancers du sang.

« Le premier jour du reste de ma vie », écrit-il, dans l’avant-propos de son ouvrage « Portraits d’espoir », qui présente des survivants de la leucémie pour inspirer et recueillir des fonds pour la recherche.

Ouvrage qui commence à naître au printemps 2010 où Me William Brock entreprend un périple à vélo à travers l’Europe, de St-Nazaire à Budapest, un « voyage incroyable », dit-il.

Il prend alors des photographies, accompagné de la photographe montréalaise Angela Boismenu, et recueille les témoignages d’une cinquantaine de survivants du cancer, de leur famille, des donneurs de moelle osseuse ou de cellules souches, des médecins, des infirmières et de chercheurs.

L’avocat ne souhaite qu’une chose : donner de l’espoir aux malades.

Me William Brock sur le podium pour le lancement de son livre
Me William Brock sur le podium pour le lancement de son livre "Portrait d'espoir"
L’argent récolté financera des bourses de recherche, et le Centre d’excellence en thérapie cellulaire de l’hôpital.

Chaque dollar recueilli, précise-t-il lors de son discours, ira à la recherche contre le cancer.

« J’aimerais que chaque personne diagnostiquée avec une leucémie aiguë ou un cancer du sang au Québec reçoive une copie de mon livre, pour leur donner de l’espoir. Les gens ont besoin d’espoir »

Le fonds William Brock, créé en novembre 2006, a déjà recueilli plus d’un million de dollars pour la recherche sur le cancer. Pour se procurer son livre, Me Brock vous invite à le contacter directement ou de vous diriger vers le site.

Vivant

« J’ai vaincu la leucémie, je suis vivant, je suis fort, et je suis éternellement reconnaissant », écrit Me Brock.

Depuis, il a repris sa pratique chez Davies, « un bureau qui a été absolument extraordinaire », déclare-t-il, et profite des moments précieux avec son épouse Maryse et ses enfants Julianne et Philippe.

Dans la salle, on croise des survivants de la leucémie, des médecins, des chercheurs, des amis de l’avocat, sa famille.

Me William Brock au milieu
Me William Brock au milieu
« Je suis venue ce soir car c’est un sujet qui me touche, quelqu’un proche de moi lutte contre la leucémie », déclare Marie-Claude Giguère, conseillère en développement à la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal.

« Ce livre est un message d’espoir pour tous ceux qui luttent contre la maladie, mais aussi pour leur entourage. »

« Il brise le tabou, rompt le silence autour du cancer et tisse une chaîne de soutien », déclare Dr. Silvy Lachance, Directrice médico-administrative du Programme de greffe de cellules hématopoïétiques de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

De pages en pages, on y découvre les combats de Judith, Dara, Cameron, Zev, Mohamed, Saku, Rolande, Jennifer, et bien d’autres.

Parmi eux, celui de Jay, greffé en 2006, « ingénieur, pilote, designer, golfeur, mari, et survivant ».

En 2008, le groupe de rock Simple Plan, dont le chanteur n’est rien d’autre que le frère de Jay, a sorti une chanson intitulée « Save you », écrite pour lui et sa lutte contre le cancer.

Hier soir, les paroles ont raisonné aux oreilles de tous les invités, un rappel pour garder l’espoir.

Aussi : le combat de Christiane, « épouse, maman, mamie, voyageuse et survivante », greffée en 2000.

« J’exhorte tout le monde à investir dans la recherche pour pouvoir trouver un jour la solution au cancer ! »

Droit-Inc les a rencontrés ...




Crédit photos: Ian Woo