Question

Bonjour,

Je travaille présentement pour un cabinet de taille moyenne à Montréal. Bien que j'aime mon travail, je désire trouver un milieu qui corresponde plus à mes aspirations. Depuis quelques temps, je songe à postuler pour un poste d'avocat d'entreprise ou auprès de différents ministères gouvernementaux.
Cependant, je ne veux pas dire au cabinet actuel que je suis à la recherche d'un autre emploi. Que me conseillez-vous ? Est-ce qu'il est possible de postuler pour des postes de façon confidentielle ?

Réponse

Cher lecteur,

Il s’agit d’un sujet sensible qui inquiète plus d’un candidat. Lorsque vous faites parvenir votre curriculum vitae à un éventuel employeur, votre démarche doit normalement demeurer confidentielle. Les gens qui reçoivent les candidatures sont des professionnels des ressources humaines qui respectent la confidentialité de la démarche. Il en va de la réputation de l’entreprise; les gens prennent les mesures nécessaires pour que votre nom ne circule pas dans tous les couloirs de l’entreprise. Au niveau gouvernemental, la démarche est encore plus confidentielle.

Me Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Me Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Est-ce que tous les risques sont écartés ? Non, il y en a toujours un. Surtout lorsque le processus d’entrevue débute et que plusieurs personnes participent au processus. Le monde juridique est un petit monde, il y a donc des chances que les gens que vous rencontrez, soient en relation avec les associés de votre cabinet et que votre démarche s’ébruite. D’un autre côté, il est extrêmement rare que votre nom soit sciemment dénoncé devant votre employeur actuel. Il s’agit le plus souvent d’un concours de circonstances.

Quelles circonstances ? Elles sont variées mais en voici quelques unes :
  1. deux candidats qui se connaissent ou travaillent au sein d'un même cabinet, se croisent dans la salle d’attente de l’entreprise. Cette situation peut se produire à l’occasion, mais aucun des deux n’aura un quelconque avantage à dévoiler cette rencontre fortuite. Les employeurs ne sont pas toujours conscients de ce risque, si minime soit-il. Lorsque nous sommes impliqués dans un mandat, nous prenons soin d’avertir nos clients, afin qu’ils prennent les mesures pour éviter que ce genre de situation ne se produise, en faisant attendre les candidats dans une seconde salle d’attente, par exemple, ou en espaçant suffisamment les entrevues pour que les candidats ne se croisent pas.
  2. Un des avocats de l’entreprise, souvent moins familier avec le processus d’embauche, parle des candidatures reçues à ses collègues, un de ces collègues connait quelqu’un de votre cabinet et lui transmet l’information. Cette situation n’est pas aussi fréquente qu’elle y parait, car elle implique une dose d’insouciance de la part de l’avocat de l’entreprise combinée à une certaine mauvaise foi de son entourage. La nature humaine n’est pas aussi mesquine.
  3. Vous parlez à vos collègues de votre démarche, qui eux parlent aux leurs et ainsi de suite jusqu’à ce que les gens de votre cabinet l’apprennent. Bien qu’il soit souvent impossible de remonter à la source de la divulgation, j’aurais tendance à parier qu’il s’agit du concours de circonstances le plus fréquent. Tout ce qui se passe dans la chambre de hockey ne reste pas toujours dans la chambre de hockey…

Pour répondre plus précisément à votre question, oui il est possible de postuler à des postes de façon confidentielle, et vous ne devriez pas vous empêcher de le faire. Il y a un risque mais il est, somme toute, bien raisonnable en comparaison avec les bénéfices que vous pourriez tirer de cette démarche. Cependant, prenez soin de mettre un minimum de gens au courant de vos intentions, cela minimisera ledit risque.

Est-ce que le fait de passer par un recruteur « sécurise » le processus ? En partie, car nous répétons à nos clients de respecter la confidentialité des candidatures et de prendre les moyens appropriés. Mais honnêtement, je ne le crois pas. S’il y a un concours de circonstances, il se produit toujours après la transmission de la candidature à notre client, et nous ne pouvons garantir le comportement des gens qui participent aux entrevues. Et pour être conséquent avec moi-même, j’ajouterai que c’est le comportement du candidat qui lui est souvent le plus préjudiciable. Ainsi passer par un recruteur ou non, ne fait aucune différence.

J’espère que ma réponse pourra vous être utile et je vous souhaite une belle semaine.


La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Me Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.