S comme Sans-papiers

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Pour les avocat(e)s amateurs de chansons françaises

Une comédie musicale qui transpose la célèbre romance shakespearienne au cœur d’une cité parisienne ? Ponctuée de morceaux de M et de Zazie ? Avec en tête d’affiche, un finaliste de la Nouvelle Star française ? Oui, cela donne envie de prendre ses jambes à son cou.

Sauf que c’est signé Audrey Estrougo, une jeune cinéaste avec du punch à revendre et qui nous avait agréablement surpris avec son premier long Regarde-moi, uppercut classe et féminin sur les banlieues.

Et, pour le coup, on a bien fait de tenter l’aventure : Toi, moi, les autres assume à 100% son côté kitsch, et ose un mélange improbable entre légèreté de ton et propos politique latent.

A l’instar du duo Ducastel et Martineau, qui parlait de sida dans leur Jeanne et le garçon formidable, Estrougo s’attaque à la problématique des sans-papiers. Avec quelques maladresses, oui. Une bonne dose de naïveté, aussi.

Mais la sincérité et la motivation dont elle fait preuve remportent l’adhésion et font de son deuxième film, une sorte d’ovni attachant, plein de couleurs, de sourires, d’instants magiques, entre romantisme de midinette et parenthèses gracieuses (le morceau "Un autre monde" notamment, interprété par une Marie-Sohna Condé bouleversante).

L’histoire, pourtant, n’avait rien de folichon, avec cette rencontre-coup de foudre un peu sur écrite entre une beurette sympa (Leïla Bekhti, toujours impeccable) et un gamin riche (Benjamin Siksou), fils de flic, à l’aube d’un mariage d’intérêt (sublime Cécile Cassel).

Pourtant, Estrougo dépasse la candeur du script et propose une œuvre entraînante, qui, en plein coeur d'un genre plutôt désuet et casse-gueule, dévoile tout de même le meilleur de ses interprètes. Au final, elle s’en tire avec humour et panache.

Et nous, on attend son troisième film avec impatience.

S comme Stars du rock

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Pour les avocat(e)s nostalgiques des années 80

Si L’ère du rock possédait un esprit rock proportionnel à l’énergie déployée dans Hairspray, du même Adam Shankman, il nous aurait sûrement emporté dans son univers eighties, nostalgique d’une époque rock’n’roll où perdre ses vinyles donnait envie de chialer ; et où l’on venait chercher la gloire sur les trottoirs de L.A.

Adam Shankman nous offre, à la place, un pathétique numéro d’équilibriste, entre kitsch et ridicule. Soyons honnête : le plus souvent, sa comédie musicale se vautre allégrement dans la deuxième option.

Donc, tout commence avec un même personnage de fille naïve. Sherrie (insipide Julianne Hough) nous vient tout droit de la campagne, souhaite devenir chanteuse, rencontre l’âme sœur dès la sortie du bus, se fait embaucher dans LE bar où il faut être.

C’est le point de départ à une compilation de tubes rock et pop du moment où chaque personnage s’illustre sur les standards de l’époque.

Si certains tirent clairement leur épingle du jeu (on pense notamment à Catherine Zeta Jones ou l'excellente Malin Akerman), d’autres flirtent avec l’honteux.

Le couple Russell Brand/Alec Baldwin notamment, en fait des tonnes, affligeants là où ils souhaitent être drôles.

Même remarque pour Tom Cruise, en star du rock déchue, pas crédible pour un sou, et dont la carrière cinématographique semble au point mort depuis quatre ans et son rôle dans Walkyrie de Bryan Singer.

S’en suit un long-métrage inégal, trop long, traversé par des atrocités visuelles et un mauvais goût affolant. Shankman est en plein second degré, mais la sauce ne prend pas la faute à une trame classique, qu’il suit à la lettre, et un arrière goût gnangnan prononcé et désagréable.

Un comble pour un film rythmé par du Foreigner, Joan Jett ou encore Guns N’ Roses.