Lorsqu’il quitte sa petite bourgade de Peterborough en Ontario, Me Adam Daifallah ne s’attendait peut-être pas, quelques années plus tard, du haut de ses 33 ans, à revêtir tant de costumes différents.

Avocat, journaliste, chargé de cours, co-fondateur et associé d’une entreprise, HATLEY, spécialisée en conseils stratégiques : autant de casquettes pour ce jeune homme issu d’une famille modeste.

« Le secret, c’est de travailler fort », explique cet ancien membre de l’équipe éditoriale du quotidien le National Post et ex-chef de pupitre au quotidien américain The New York Sun.

Adam Daifallah a apprécié son passage chez Norton Rose qui a tout fait pour l'accommoder
Adam Daifallah a apprécié son passage chez Norton Rose qui a tout fait pour l'accommoder
Pour ce diplômé en droit (Université Laval) et en sciences politiques et histoire (Université Queen’s), tout débute chez Norton Rose, où il pratique en tant qu’avocat pendant une année.

« J’adore Norton Rose, qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour m’accommoder mais je devais trouver une façon de gagner ma vie en faisant tout ce que je voulais en même temps. »

Soit : enseigner à McGill, écrire des articles, commenter l’actualité et la politique à la télévision et à la radio, faire du bénévolat, et, un peu de politique.

« Je voulais tout faire et la vie de jeune avocat ne me laissait pas cette liberté », confie-t-il.

Aujourd’hui, il travaille de 60 à 70 heures par semaine, a écrit deux ouvrages autour de la politique canadienne, enseigne à l’Université McGill, des cours sur les discours des hommes politiques, et le conservatisme en Amérique du Nord, siège sur le Comité des Jeunes Associés de l’Opéra de Montréal ou au Consortium Saint-Laurent, groupe de réseautage pour jeunes gens d’affaires montréalais.

Et, il trouve même le temps de s’adonner à sa passion : le golf…

Ces heures, il ne les compte pas, tant il fait ce qui le passionne.

« J’adore tellement ce que je fais ! D’ailleurs, il y a beaucoup de zones grises… Lire le journal le matin fait partie de mon travail mais j’adore cela. Si je n’avais pas HATLEY, je lirai quand même le journal des Affaires chaque jeudi sans faute… Et Droit-Inc, oui, absolument ! »

Création d'HATLEY

Il y a 18 mois, il rejoint Marie-Claude Johnson, une spécialiste en management et en communication stratégique, et crée son entreprise : HATLEY.

Entouré de trois consultants, Alexis Landreville, Marc-André Gosselin et Louis-Michel Gauthier, et d’une consultante et directrice des communications, Marilyn Cantin, ils lancent cette entreprise de conseils stratégiques.

Aujourd’hui, l’entreprise se porte à merveille avec sa dizaine de clients qui inclut des entreprises aussi variées que Métaux BlackRock, Holcim, l’Association pétrolière et gazière du Québec, qu’il conseille sur leur image et leur positionnement publique, ou Coca Cola et Quest Rare Minerals qu’il guide dans les relations gouvernementales.

« Le gouvernement est grand et c’est très complexe, souvent les gens font appel à nous pour savoir comment naviguer dans ce labyrinthe qu’est l’appareil bureaucratique. »

Ainsi, il offre des conseils stratégiques sur les initiatives et priorités des politiques publiques, analyse les besoins de ses clients, met en place des projets auprès des instances gouvernementales, organise des rencontres ciblées avec les décideurs politiques et autres personnes clés.

Me Daifallah a rejoint Marie-Claude Johnson, spécialiste en management et en communication stratégique, pour créer son entreprise
Me Daifallah a rejoint Marie-Claude Johnson, spécialiste en management et en communication stratégique, pour créer son entreprise
« L’idée qu’on travaille sur de beaux projets et qu’on peut apporter notre contribution au développement économique de Montréal et du Québec me plaît. J’adore Montréal, mais sa performance n’est pas à la hauteur de ce qu’elle pourrait être, elle pourrait faire mieux et j’espère, en toute modestie, pouvoir contribuer à créer de la richesse pour la ville. »

Gestion et défense de l’image et de la réputation, conseils en éthique et gouvernance, campagnes de presse, évènements médiatiques, revue de presse et analyse des retombées médiatiques, gestion de crises, développement de réseaux d’alliés et partenaires : autant de facettes de son nouveau métier.

« La pratique d’avocat n’était simplement pas pour moi. Cette entreprise, tout particulièrement le volet communicationnel dans les situations de crise, est une façon pour moi d’appliquer ce j’ai appris en droit… mais sans pratiquer », confie-t-il.

En effet, il est amené à travailler en lien avec les cabinets, à comprendre les aspects juridiques sur des questions telle que la diffamation.

« En temps de crise, il faut être prêt et avoir une stratégie préalablement élaborée. Tout le monde doit dire la même chose, dire la vérité tout de suite, avoir un point de contact pour les médias, éviter tout rebondissement. »

Là, sa formation juridique, lui est utile, quotidiennement.

Que ce soit dans la rédaction ou la négociation de contrats, dans l’interprétation de la législation, l’étude du système gouvernemental.

« Je me sens encore proche du monde juridique mais je ne veux plus travailler là-dedans. »

Comprendre le monde

« Pour être un bon conseiller en stratégie, il faut être capable d’analyser une situation avec une pensée critique, évaluer les besoins du client, donner de bons conseils. Comme en droit. »

L’essentiel ?

« Comprendre le monde qui nous entoure car le monde gouvernemental et l’opinion publique sont deux choses influencées par des facteurs hors de notre contrôle. Il faut se maintenir au courant pour bien conseiller. »

Ainsi, Me Adam Daifallah possède-t-il un avis sur bien des questions d’actualité. Et ce même s’il n’a plus trop le temps avec HATLEY d’écrire autant d’articles qu’il y a quelques années.

Sur le conflit étudiant, il multiplie ses participations aux débats télévisés ou sur les ondes.

« Je suis d’accord avec la position du gouvernement en ce qui concerne les frais de scolarité, je pense qu’ils ont raison d’augmenter les frais. »

Et ce, pour une multitude de raisons.

« Premièrement, je pense que c’est tout à fait raisonnable de demander aux étudiants de payer une juste part de leur formation, 17% de la part des étudiants et 83% de la part des contribuables, selon moi c’est très généreux », dit-il, regrettant que le débat s’axe davantage sur les frais et non pas sur la qualité des institutions post-secondaires québécoises.

« Ce qui compte dans le monde d’aujourd’hui c’est la qualité de l’enseignement et des universités, tout particulièrement au Québec où elles souffrent d’un manque de fonds. »

Le Plan Nord

Autre sujet, qui touche davantage HATLEY : le Plan Nord.

Selon lui, les ressources naturelles incluant le gaz et le pétrole sont le futur de la province.

« Il y a de la demande pour ces matériaux, on est chanceux de les avoir, je pense que cela va mener à beaucoup d’emplois et de richesse collective. »

Chez HATLEY, on est pro développement, dit-il. Selon lui, le Plan Nord sonne comme une belle opportunité pour le développement du Québec.

« C’est sûr, on est contents qu’il y ait un plan et pour créer de la richesse et des emplois et pour exploiter les ressources naturelles. »

La questions des autochtones ? Les difficultés de mise en place ?

« HATLEY travaille exactement sur ces questions-là. Sans parler de dossiers spécifiques et confidentiels, disons que les entreprises qui veulent participer au Plan Nord et faire des projets au Québec vont nous consulter pour savoir comment naviguer dans le système gouvernemental au Québec. Ils ont surtout besoin d’aide et d’accompagnement. »