C’est une information reçue par les enquêteurs des crimes majeurs dans le dossier Magnotta qui les avait menés au parc Angrignon, dimanche.
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne pouvait alors confirmer qu’il s’agissait bel et bien de la tête de Jun Lin, ce ressortissant chinois dont le corps a été retrouvé démembré à Montréal et Ottawa.

Les restes humains avaient été envoyés pour analyse au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal.
Mercredi, la police refusait toujours de confirmer si l’information qui les a menés à la tête de Jun Lin provenait de Magnotta lui-même ou d’une autre source.

La pièce manquante

Depuis l’arrivée de Magnotta au Canada, après sa cavale d’une semaine en Europe au terme de laquelle il a été arrêté à Berlin, les enquêteurs du SPVM tentaient d’obtenir des aveux du présumé tueur, essayant principalement de savoir où se trouvait la tête de sa présumée victime.
La découverte de la tête humaine de Jun Lin était un élément manquant important pour les enquêteurs, après une série de macabres découvertes un peu partout au pays.

Le tronc de Jun Lin a été découvert dans une valise placée dans un amas d’ordures dans le secteur de Côte-des-Neiges le 29 mai dernier.
La même journée, deux colis envoyés à partir de Montréal contenant respectivement un pied et une main avaient été retrouvés à Ottawa. Le pied humain avait été expédié au siège social du Parti conservateur, alors que la main était destinée au siège social du Parti libéral du Canada.
Quelques jours plus tard, soit le 5 juin dernier, deux autres colis contenant un pied et une main et provenant aussi de la métropole ont été découverts dans deux écoles de Vancouver.

Des analyses ont plus tard permis de démontrer que ces membres humains appartenaient tous à Jun Lin, un étudiant chinois de l’Université Concordia.

Luka Rocca Magnotta a été formellement accusé du meurtre prémédité de Jun Lin le 19 juin au palais de justice de Montréal. L’homme de 29 ans a aussi été accusé d’outrage à un cadavre, d'avoir produit et distribué du matériel obscène, d’avoir utilisé la poste pour envoyer du matériel obscène et de harcèlement envers le premier ministre Stephen Harper ainsi que des membres du Parlement.

Les avocats de Magnotta n'ont pas demandé d’évaluation psychiatrique de leur client. Ayant plaidé non coupable aux chefs d’accusation, l’accusé doit donc subir un procès devant jury.

L’enquête préliminaire de Magnotta est prévue pour mars prochain, alors qu’une conférence préparatoire devrait se tenir en janvier 2013.