« C’est peut-être drôle mais j’ai une formation juridique », commence Pieter Kriel, directeur principal de son équipe du département de certification.

Lui qui n’était pas sûr de vouloir devenir avocat est finalement devenu comptable car cela lui me permettait de se concentrer davantage sur les affaires.

« En 1996, je venais d’Afrique du sud, fraîchement sorti de l’université, sans expérience de travail, et pour moi c’était plus facile de m’intégrer au Québec en tant que comptable », explique-t-il.

Pieter Kriel n'était pas sûr de vouloir devenir avocat
Pieter Kriel n'était pas sûr de vouloir devenir avocat
C’est ainsi qu’à 24 ans, il quitte son pays natal pour rejoindre les rangs de RSM Richter Chamberland. « C’était une bonne façon de gagner de l’expérience dans la comptabilité. » Ensuite, il débute sa carrière au sein du département de gestion de patrimoine, quelques heures par semaine, avant de décrocher son titre officiel de comptable agrée en 2002.

Depuis, il n’en est jamais parti.

« Les chiffres me racontent une histoire… et j’aime travailler avec, explique-t-il. De plus, ce milieu est intéressant, composé de personnes très douées. »

Voilà onze ans que Pieter Kriel est responsable de la gestion et de l’exécution de missions et de mandats complexes.

Cet amateur de vin et père de famille assure effectivement la planification de chaque mandat de certification, évalue les contrôles internes, identifie les risques, supervise son équipe, révise les dossiers, cerne les problèmes de comptabilité ou d’audit et apporte des solutions.

Il travaille de 40 à 45 heures par semaine, en moyenne. Et souvent, main dans la main avec les avocats. Ces derniers préparent le gros des documents, tandis que l’équipe de Mr Kriel, composée de quatre associés, se charge de fournir certaines sections.

« C’est un va et vient intéressant avec eux », dit-il.

Les chiffres vs. les mots

Il est ainsi très souvent amené à travailler en collaboration étroite avec les avocats. « Notre relation avec eux, intervient relativement tôt : on leur envoie une lettre pour leur demander ce qui doit être divulgué dans les états financiers, concernant une poursuite par exemple. Après si la compagnie a versé un dividende, il faut aviser l’avocat. »

Selon lui, si les comptables sont plus proches des chiffres, les avocats, eux, excellent dans l’interprétation des mots. « Il est intéressant de voir parfois de très bons avocats fiscalistes exceller dans l’interprétation des lois sur l’impôt, mais rencontrer quelques difficultés quand vient le temps de traduire cela en chiffres. Pour nous, ce côté-là est plus facile »

Et vice-versa, ajoute-il, lorsqu’il est question pour les comptables d’interpréter un article ou une loi.

Il a récemment collaboré avec le cabinet McCarthy Tétrault, lors de l'élaboration d'un prospectus pour une entreprise qui a fait un appel public à l’épargne, sans référé à proprement parler, puisque l’avocat a fait le prospectus pour le client.

Même chose pour son actuelle collaboration avec le cabinet Robinson Sheppard Shapiro qui a fait une réorganisation pour un autre groupe, un projet dans lequel il est impliqué. Lui, s’occupe de fournir les informations financières et effectuer une recherche sur certaines caractéristiques fiscales pour les compagnies du groupe.

Avec Davies, il a beaucoup de clients communs. Il est souvent amené à collaborer avec des compagnies de gestion et des questions de dividende.

« J’ai eu un mandat avec un jeune entrepreneur sur le point de commencer une entreprise en haute technologie. Dans ce cas-ci, il connaissait un associé de chez Davies proche d’un autre associé au bureau. C’est ainsi que le dossier nous a été référé. » Il y a même certains mandats, explique-t-il, où les clients sont des avocats ayant souvent des compagnies de gestion eux-mêmes.



Ce qui a changé

Le réseautage est devenu une part de plus en plus importante de son métier, selon lui. Il se rend donc dans les cocktails organisés par son bureau, aux lunchs, aux diverses activités afin de rencontrer du monde. Dernièrement, RSM Richter Chamberland a même organisé une journée de bénévolat avec le cabinet Osler.

« Notre métier est passé au travers de grands changements : la crise d’Enron ou les grandes faillites ont resserré les normes comptables. Le travail de vérificateur a aussi énormément changé ; le monde nous observe de plus en plus, exigeant que nous le protégions des fraudes. »

Selon lui, l’attente du public est de plus en plus grande, au fil du temps, notamment lors de la signature d'un état financier. Mais pas de quoi effrayer ce passionné de marathons, habitué à relever des défis.

« Nous devons rester à jour des règles fiscales qui changent régulièrement. Par exemple, le Canada vient d'adopter les normes IFRS applicables aux compagnies publiques. »

Transmission générationnelle

Toute la question de transmission de richesse, d’une génération à une autre, constitue également tout un défi. « C’est d’actualité au Québec, il y a beaucoup d’entreprises familiales où le propriétaire est prêt à prendre sa retraite, sans avoir nécessairement un plan de transition », dit-il.

Depuis onze ans, il a noté des modifications de l’environnement de travail qui est devenu plus flexible.

« Maintenant on a la chance d’être capable de travailler de n’importe où avec les portables ou Internet »