Cathie Gauthier est la mère de famille de 38 ans a été reconnue coupable au terme d’un procès devant jury, le 24 octobre 2009, du meurtre prémédité de ses trois enfants, Joëlle, Marc-Ange et Louis-Philippe Laliberté, au cours de la nuit du 31 décembre 2008.

Selon la thèse de la poursuite, Cathie Gauthier aurait conclu un pacte de suicide avec son conjoint
Selon la thèse de la poursuite, Cathie Gauthier aurait conclu un pacte de suicide avec son conjoint
Le nouvel avocat qui la représente devant la Cour suprême, Me René Duval, soulève deux questions en litige : la défense de désistement qui n’a pas été soumise au jury et le maintien des verdicts de culpabilité par la Cour d’appel au motif que la mère aurait dû empêcher ses enfants de boire les boissons préparées par son mari Marc Laliberté et contenant une dose léthale de médicaments.

Défense de désistement

Selon la thèse de la poursuite, Cathie Gauthier a conclu un pacte de suicide avec son conjoint et a planifié avec lui la mort de ses enfants, notamment en achetant les médicaments qui ont causé leur décès.

L’avocat de l’appelante note qu’elle a toujours soutenu avoir renoncé à leur pacte, le 31 décembre en après-midi. Elle a affirmé à son procès avoir dit à son conjoint qu’elle n’était pas d’accord avec le projet. Celui-ci n’a pas répondu, mais son expression faciale l’a convaincue, a-t-elle dit, qu’il ne réaliserait pas leur plan initial.

« Peu importe qu’il s’agisse d’un refus de participer à une proposition criminelle ou d’un désistement d’un complot, la preuve donnait l’ouverture à une défense de refus ou d’abandon. Le jury aurait pu croire Cathie Gauthier et rendre un verdict d’acquittement », allègue le mémoire d’une vingtaine de pages qui affirme que la Cour d’appel a erré à ce sujet.

Boissons empoisonnées

René Duval, l'avocat de Cathie Gautier soutient que c'est à tort que la Cour d’appel a maintenu les condamnations
René Duval, l'avocat de Cathie Gautier soutient que c'est à tort que la Cour d’appel a maintenu les condamnations
L’avocat de l’accusée souligne en deuxième lieu qu’il y a « absence totale de preuve » que sa cliente savait que les boissons que Marc Laliberté a servies à sa famille, le soir du 31 décembre, étaient empoisonnées.

Ses empreintes digitales ne sont ni sur les médicaments qui ont causé la mort des enfants ni sur les verres utilisés, note le mémoire.

L’avocat de Cathie Gauthier souligne donc que c’est à tort que la Cour d’appel a maintenu les condamnations.

« La preuve établit que Marc Laliberté a agi à l’insu de Cathie », note le mémoire.

La Cour d’appel a maintenu en juillet 2011 la condamnation de Cathie Gauthier et soutenu que la défense de désistement ne pouvait être retenue car elle était incompatible avec la thèse de la défense qui niait l’existence du pacte de suicide.

Extraits du mémoire déposé

  • « Le jury aurait pu trouver véridique la version de Cathie Gauthier selon laquelle, plusieurs heures avant que Marc Laliberté ne cause la mort des enfants en les empoisonnant avec une potion de Serax et de Gravol, Cathie l’a avisé en termes clairs qu’elle ne participerait pas à l’infanticide qu’il lui proposait de commettre avec lui. »
  • « Il n’y a aucune preuve que Cathie Gauthier a fait quoi que ce soit qui aurait pu contribuer de quelque manière au meurtre des enfants après qu’elle eut signifié à Marc Laliberté qu’elle rejetait son offre de pacte de suicide. »
  • « Il ressort de l’analyse du disque dur de l’ordinateur de Marc Laliberté qu’il était vivant et actif plusieurs heures après que Cathie Gauthier et les enfants eurent perdu conscience. »
  • « Au moment où elle parle à la répartitrice du 9-1-1, Cathie Gauthier n’est pas en état de concocter une histoire pour se disculper en blâmant Marc Laliberté. »