Rocco Galati , qui représentait deux hommes considérés comme des menaces à la sécurité nationale a déclaré hier qu'il était stupéfait d'avoir eu confirmation de ses craintes, selon lesquelles il avait été mis sur écoute.

Des avocats fédéraux l'avaient pris à partie lorsqu'il avait fait part de ses inquiétudes pour la première fois il y a une décennie, a raconté l'avocat de Toronto qui pratique en droit constitutionnel et se spécialise dans les affaires de terrorisme.

À l'époque où il a été mis sur écoute, Rocco Galati représentait deux hommes considérés comme des menaces à la sécurité nationale
À l'époque où il a été mis sur écoute, Rocco Galati représentait deux hommes considérés comme des menaces à la sécurité nationale
De mars 1999 à la fin de 2003, Me Galati a représenté deux Égyptiens qui étaient visés par des certificats de sécurité : Mohamed Mahjoub et Mahmoud Jaballah.

Ottawa a estimé que les deux hommes étaient des menaces terroristes en se fiant principalement sur des preuves secrètes que Mohamed Mahjoub et Mahmoud Jaballah n'ont jamais pu consulter.

Une dizaine d'années plus tard, les deux hommes, qui se trouvaient en prison ou en résidence surveillée bien qu'ils n'aient pas été accusés au Canada, luttent toujours pour faire révoquer leurs certificats.

Les avocats de M. Mahjoub ont depuis obtenu accès à des informations démontrant que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et l'Agence des services frontaliers du Canada ont intercepté des communications entre ce dernier et ses avocats, Me Galati inclus.

Selon ce dernier qui fut aussi le premier avocat d'Omar Khadr, ce type d'écoute téléphonique viole le privilège de confidentialité entre un avocat et son client.

"En vertu de mon expérience comme avocat sur ce type de dossiers, je ne crois pas que ces conversations aient été résumées et décrites de façon honnête, exacte ou rendant compte de la vérité", a déclaré Me Galati qui n'a pas hésité à employer l'adjectif "kafkaïesque" pour qualifier cette histoire.