Me Gerry Sklavounos, député de Laurier-Dorion
Me Gerry Sklavounos, député de Laurier-Dorion
L’autre jour, Me Gerry Sklavounos, député de Laurier-Dorion, a eu la désagréable surprise de découvrir ses pancartes électorales vandalisées, volées, barbouillées.

Dessus, en gros, on pouvait y lire : « MAFIA ».

« J’imagine qu’ils font cela au nom de la liberté d’expression, ironise-t-il au sujet des responsables, mais j’aimerais demander à tous les gens qui vont me lire : « Avez-vous des preuves qui me relieraient moi à la mafia, parce que moi je n’en vois pas ! »

Même chose pour les allégations faites à l’encontre du Parti Libéral, selon lui.

« Je suis avocat de la défense et je ne cesse de dire la même chose : si l’on est capable de prouver ce que l’on allègue, et bien bravo ! » déclare ce diplômé en droit civil et en common law de l’Université McGill, qui a exercé le droit criminel à l’aide juridique et en cabinet privé avant son élection à l’Assemblée nationale en mars 2007.

Ce qu’il voit présentement au Québec le révolte quelque peu.

« On cherche des troubles aux autres candidats, on cherche des troubles aux minorités culturelles avec les accommodements, on compare le Québec à des régimes dictatoriaux comme la Tunisie ou la Syrie, on appelle à la révolution, on nous accuse d’être des néos libéraux. Je me demande dans quel film ces personnes vivent ! »

Lui, ce qu’il souhaite, à l’instar du PLQ qu’il représente, c’est de renforcer son Québec. Au sein du Canada.

« La place du Québec est au sein du Canada, dit-il. Vous savez, les choses se paient et certains discours politiques semblent oublier qu’il nous faut payer pour ce que l’on consomme.»

La désobéissance dans la rue et les comparaisons faites sur les réseaux sociaux avec des régimes dictatoriaux, il ne les comprend pas.

Notamment parce que dans son comté, il représente pas moins de 70 groupe ethniques différents qui regroupent aussi bien grecs, sud-asiatiques, indiens, parkistanais, sihks, portugais, etc.

Selon Me Sklavounos, au Québec, les plus riches font déjà leur juste part.
Selon Me Sklavounos, au Québec, les plus riches font déjà leur juste part.
« En 2012, des gens appellent à la révolution contre une prétendue dictature que je ne voie pas et que les citoyens ne voient pas. Nous sommes l’un des pays les plus démocratiques au monde. »

Il souhaite s’axer sur ce qui unit les concitoyens, pas sur ce qui les distingue.

« Les gens qui ont quitté des pays où ils n’avaient pas de droit, où ils étaient persécutés, ils se demandent : mais de quoi parlent ces gens-là ? »

On la droit de manifester mais il y a un dérapage dans le discours, selon lui.

Même chose pour la colère étudiante. Tous les jeunes n’ont pas la pensée unique que les médias veulent bien leur attribuer, selon l’avocat.

« Ils ne sont que 30% à participer aux grèves et aux manifestations, ou plutôt à ce que l’on devrait appeler un « boycott » car la grève n’existe pas légalement. Ils n’ont qu’à payer 17% du coût réel de leur études alors que le reste est assumé par les contribuables, les partenaires privés, les donateurs. Ça, c’est un état généreux. »

Québec Solidaire et Parti Québécois : des partis qui divisent ?

« Sur la plateforme de Québec Solidaire, je vois tout ce que l’on veut faire nous, mais sans savoir où l’on va aller chercher l’argent. Il faut arrêter de dire que les libéraux sont contre l’environnement, contre les pauvres. On pense que l’on croît dans l’équilibre. Cela cadre avec mes valeurs »

Selon lui, au Québec, les plus riches font déjà leur juste part.

« Si nous continuons à augmenter les impôts pour ces gens là, nous allons décourager l’investissement et l’entreprenariat, les gens d’affaires qui calculent en colonne de chiffres vont aller voir ailleurs. »

Il n’accepte pas le discours de Québec Solidaire qui, selon lui, criminaliserait presque les entreprises privées.

« Parfois, c’est comme si ils devaient se sentir coupables, mauvais. Je ne suis pas pour un type de discours où l’on dresse les moins fortunés contre les plus fortunés. Il y a beaucoup de solidarité ici. »

Concernant le débat sur la langue maternelle, il accuse le Parti Québécois de vouloir stigmatiser les personnes dont la langue maternelle n’est pas le français.

« C’est un discours dangereux car la langue maternelle, on ne la choisit pas. Moi, ma langue maternelle est le grec, suis-je une menace ? Cela signifie-t-il que l’immigration est une menace ? On parle de mes parents immigrants là ! Et de la majorité des personnes de mon comté ! »

Le Parti Libéral : plus démocratique ?

Le Parti Libéral, selon lui, a un discours ouvert à tous les gens.

Au passage, il rappelle que ce gouvernement a investi à hauteur de 16 millions dans l’Hôpital Jean Talon, a augmenté les places en garderie, les aides familiales, le nombre de fonctionnaires.

« On n’a pas ce « nous » employé par le PQ. C’est pourquoi je l’ai rejoint. Le PLQ fait de la politique sur des bases plus générales, plus démocratiques. »

Ils ne sont pas contre l’entreprise privée, dit-il, pas plus que contre la langue maternelle, ce qu’ils souhaitent, explique-t-il, c’est développer l’économie du Québec.

« Et peut-être que dans un monde idéal, on n’aurait pas à payer. Nos dettes. Les investissements. Mais ce n’est pas le monde dans lequel on vit. »

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