Question

Bonjour,

J'ai terminé l'École du Barreau et je cherche présentement un stage. J'ai constaté que beaucoup d'offres de stage mentionnaient qu'il n'y a pas d'offre d'emploi après le stage. Quel est l'intérêt d'un tel stage ? Comment est-ce qu'un avocat, fraîchement assermenté et n'ayant aucune expérience en dehors de son stage, peut-il espérer trouver un emploi dans un domaine juridique déjà saturé ?

Merci !

Réponse

Cher lecteur,

Il est évident que dans un monde idéal les étudiants en droit auraient tous un stage avec de bonnes possibilités d’emploi, mais on ne vit pas dans un monde idéal. La réalité du marché de l’emploi dans presque tous les secteurs de l’économie, ne garantit pas un emploi à la fin de la formation universitaire. Il faut voir le stage comme un complément à votre formation universitaire et non comme une porte d’entrée sur le marché du travail uniquement. Là est l’intérêt premier d’un stage dans un environnement n’offrant pas ou peu de chance d’obtenir un emploi par la suite ; terminer votre formation et vous préparer à intégrer le marché du travail.

Me Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Me Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Ceci étant dit, plusieurs stages, sans garantir un emploi par la suite, vont cependant présenter certaines possibilités telle une extension de contrat, un remplacement de congé de maternité, ou encore une certaine forme de collaboration dans le cas de petits cabinets de pratique privée. Une option intéressante est certainement de faire un stage dans un secteur offrant un maximum de possibilités, avec le maitre de stage ou encore dans le même domaine de pratique. Sans ignorer vos champs d’intérêt en terme de pratique future, le choix du stage et du domaine de pratique (si choix il y a), sont importants, à plus forte raison lorsque l’employeur n’offre pas de possibilités d’emploi à la fin.

Outre votre formation, votre stage devrait vous permettre d’entrer en contact avec le marché du travail, mais aussi avec des personnes qui pourraient vous ouvrir des portes. Il faudrait, dans la mesure du possible, éviter les stages en vase clos, comportant une seule dimension quant à la pratique du droit, à moins bien sur d’être convaincu que ladite dimension soit celle dans laquelle vous souhaitez pratiquer. Une fois le stage commencé, vous aurez l’occasion de convaincre votre employeur que vous êtes une perle rare qu'il faut garde. Il vous faudra aussi maximiser vos chances d’élargir votre réseau de contacts et votre expérience dans la pratique, car la réponse à votre deuxième question se trouve dans ces éléments-là.

Un avocat fraichement assermenté n’a pas beaucoup d’autres choses à offrir, que son intelligence, sa motivation et sa personnalité. Le stage vous permettra de mettre en évidence ces éléments de votre candidature, ce qui n’est pas rien. Plus il y aura de monde qui pourront témoigner de vos capacités, plus vous aurez de chances de trouver un emploi à la suite de votre stage. Ce n’est pas le seul élément, il reste d'une grande importance.

Je ne suis pas d’accord avec vous, lorsque vous dites que le domaine du droit est saturé. Il y a encore de belles opportunités ; le départ prochain des baby-boomers devrait ouvrir beaucoup de portes. Est-ce qu’il s’agit de portes menant à une sécurité d’emploi et un avenir garanti ? Non. Mais il s’agit de portes qui vous permettront d’avancer dans la pratique du droit.

Je vous rejoins sur un point que j'ai mentionné dans une chronique récente. Ce sont les trois premières années d’expérience qui sont les plus difficiles à acquérir, alors ce ne sera pas évident pour un avocat fraichement assermenté de se trouver un emploi. Il faut savoir se mettre en valeur et faire son autopromotion ; il faudra cogner à beaucoup de portes. Cependant les opportunités sont là et si vous persévérez, vous en viendrez à bout.

Si vous en voulez la preuve, regardez où sont rendus les gradués de l’École du Barreau des trois dernières années. Il y en a qui on lâché le droit bien évidemment mais, à mon avis, la raison est plus un manque de motivation ou de persévérance, qu’une saturation du marché. Pour les autres, ils n’ont pas de parachute doré ou non, et n’ont pas terminé de payer leurs prêts et bourses, mais ils gagnent leur vie et progressent. Dans cinq ans ils seront établis dans la pratique, ils auront d’autres soucis, mais ils seront en mesure de bien gagner leur vie et d’apprécier leur profession.

Sur ces mots pleins d’optimisme, je vous souhaite une belle semaine.


La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Me Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.