Pour Pierre Arcand chez Arcand & Associés, il y a moins de transactions sur le marché, donc les seniors ont moins de travail à déléguer aux juniors.
Pour Pierre Arcand chez Arcand & Associés, il y a moins de transactions sur le marché, donc les seniors ont moins de travail à déléguer aux juniors.
Alors que la semaine dernière nous avons fait état des tendances en pratique du droit chez nos voisins, il est temps de mettre le doigt sur ce qui est Hot et moins Hot dans la belle province.

Interrogés à ce sujet, quatre fins observateurs du marché juridique québécois ont émis des points de vue semblables sur les secteurs de pratique qui se distinguent cette année.

Voici un aperçu des propos de Dominique Tardif de ZSA, Caroline Haney (Haney Recrutement), Pierre Arcand (Arcand et Associés) et Barbara Shore (Shore & Associés).

Quatre secteurs « in »

La conformité. De plus en plus d’entreprises se dotent de mesures de contrôle interne et de réglementation stricte pour respecter les normes établies et éviter les scandales. « Très peu d’avocats sont qualifiés dans ce domaine et c’est ce qui fait que leur candidature est prisée par les chasseurs de têtes! » précise Me Arcand.

Selon Caroline Haney d'Haney Recrutement, les ordres professionnels reconnaissent de plus en plus les conseillers juridiques comme étant un champ de compétence.
Selon Caroline Haney d'Haney Recrutement, les ordres professionnels reconnaissent de plus en plus les conseillers juridiques comme étant un champ de compétence.
L’énergie. En entreprise et en cabinet, ce secteur est très important, que ce soit en droit minier, en ressources naturelles, en droit autochtone et en PPP. Le développement éventuel du Plan Nord y est pour quelque chose, mais il y a aussi les domaines de l’énergie renouvelable et de l’hydroélectricité qui vont bon train, souligne Caroline Haney.

Droit du travail et de l’emploi. Peu importe le climat social, il y a toujours des négociations syndicales en cours, des grèves… Les avocats salariés sont très occupés, et les entreprises tendent de plus en plus à les approcher. « Auparavant, tous les dossiers du droit du travail étaient donnés à l’externe, maintenant on observe un grand nombre de contentieux qui traitent certains dossiers à l’interne », note Barbara Shore.

La fiscalité et litige fiscal. C’est un champ de spécialité très complexe où beaucoup d’enjeux sont à considérer dans chaque dossier. « En cabinet, il y a une très forte demande pour tous les niveaux d’expérience, le travail est assuré pour les fiscalistes, surtout en litige », affirme Dominique Tardif.

Deux secteurs « out »

Dominique Tardif de ZSA affirme que le travail est assuré pour les fiscalistes, surtout en litige.
Dominique Tardif de ZSA affirme que le travail est assuré pour les fiscalistes, surtout en litige.
Fusions et acquisitions. Rien de nouveau, mais depuis la crise financière, il y a effectivement moins de demandes en pratique privée à Montréal pour les avocats dans ce domaine, comparativement aux périodes de croissance économique. C’est simple, explique Me Arcand, il y a moins de transactions sur le marché, donc les seniors ont moins de travail à déléguer aux juniors, donc forcément il y a moins de postes offerts.

Valeurs mobilières. Ce secteur, en cabinet, suit la même vague que le transactionnel… il y a donc moins de financement. Par contre, en contentieux, la demande est constante. « J’ai récemment eu plusieurs institutions financières qui recherchaient des avocats qui connaissent les marchés, mais en cabinet c’est très rare », explique Me Tardif.

Sur le même sujet, Barbara Shore ajoute : « En général, les avocats qui éprouvent beaucoup de difficulté en ce moment, ce sont ceux qui travaillent en droit des affaires… Ils subissent encore les contre coups de la récession. »

Deux profils d’avocat à la mode

Selon Barbara Shore de Shore & Associés, les avocats qui éprouvent beaucoup de difficulté en ce moment, ce sont ceux qui travaillent en droit des affaires
Selon Barbara Shore de Shore & Associés, les avocats qui éprouvent beaucoup de difficulté en ce moment, ce sont ceux qui travaillent en droit des affaires
Un classique : l’associé avec clientèle. Si vous consultez nos offres d’emploi, vous le constaterez… Peu importe le domaine, il y a de nombreux cabinets qui sont prêts à recruter dès demain matin un avocat qui détient un « book of business » et qui peut s’autosuffire.

Un nouveau genre : l’avocat en entreprise. Selon Caroline Haney, les ordres professionnels reconnaissent de plus en plus les conseillers juridiques comme étant un champ de compétence. « On reconnaît la valeur ajoutée de ces avocats qui doivent être de bons “commercialistes” tout en étant très polyvalents ».

« Le rôle des avocats en entreprise a grandement évolué. Même les spécialistes sont de plus en plus prisés par les contentieux. Les cabinets vont être appelés à redoubler d’efforts pour convaincre leurs clients qu’ils représentent une plus-value », conclut Barbara Shore.