Après 15 ans à prononcer des conférences sur les stratégies pour gagner un procès civil et plus de 1 500 copies vendues de son ouvrage sur le sujet, on peut dire que Me Luc Chamberland sait de quoi il parle.

« Disons que j’ai déjà fait un bon tour du sujet! » dit-il en riant.

Celui qui plaide depuis 30 ans devant les tribunaux judiciaires et administratifs a mis sur pied cette conférence en amalgamant son expérience pratique aux dizaines de livres théoriques existants, en passant par les témoignages de collègues avocats et juges.

Le conférencier, qui offre cette formation de trois heures à travers la province, s’arrêtera à Québec le 12 mars prochain et à Montréal le 19 mars.

Ces formations sont dispensées par les Éditions Yvon Blais.

S’il connaît toutes les étapes de procédure (élaboration de la théorie de la cause, préparation des témoins, interrogatoire), il connaît tout aussi bien l’engouement des participants lorsqu’il est temps d’aborder le sujet du contre-interrogatoire.

« C’est un sujet certes excitant pour les praticiens, explique-t-il, à de rares occasions ça frôle les scénarios de film américain, mais la réalité, c’est que cet exercice est très risqué. »

Les pièges du contre-interrogatoire

Celui qui est directeur du « bureau des plaideurs » du ministère de la Justice depuis 2004 a côtoyé un grand nombre de magistrats qui l’ont averti des dangers du contre-interrogatoire.

Me Luc Chamberland plaide depuis 30 ans devant les tribunaux judiciaires et administratifs
Me Luc Chamberland plaide depuis 30 ans devant les tribunaux judiciaires et administratifs
« Les juges reconnaissent qu’une grande majorité d’avocats ont tendance à bonifier la preuve de la partie adverse lorsqu’ils se lancent en contre-interrogatoire. Autrement dit, ils augmentent la crédibilité du témoin! » s’exclame Me Chamberland, qui s’emploie à marteler ce message aux plaideurs qu’ils rencontrent.

Faire dire le contraire à une personne qui vient d’affirmer quelque chose est un exercice de haut voltige, poursuit-il. Les avocats n’ont pas toujours en leur possession le matériel adéquat pour contredire le témoin.

« Il faut garder en tête que c’est surtout avec la preuve matérielle et documentaire ainsi qu’avec nos propres témoins qu’on gagne », tranche Me Chamberland.

Les catégories de plaideurs

L’avocat qui a l’expérience d’une myriade de tribunaux ne croit pas qu’il existe un profil type de plaideur. Ce sont surtout des hommes et des femmes aux personnalités extraverties, soutient-il, mais certains sont aussi timides et se révèlent être tout aussi redoutables lorsqu’ils s’adressent à la Cour.

Or, trois « grandes catégories » de plaideurs existent, selon lui.

Premièrement, il y a les avocats d’expérience. « Ils ont tendance à surfer sur les dossiers, mais ne les préparent pas suffisamment. »

Deuxièmement, les avocats inquiets. « Ils ont peur de perdre et décident de répondre à tous les arguments et les éléments de preuve de la partie adverse… c’est une plaidoirie trop longue et éparpillée. »

Troisième catégorie, et non la moindre : celle des avocats qui veulent gagner. « C’est le modèle à suivre! Ils articulent leur plaidoirie sur certains éléments-clé, ils répliquent à la partie adverse, mais savent revenir à leur plan de match. »

Faut-il absolument vouloir gagner pour être un bon plaideur? Tout à fait, lance Me Chamberland. Il y a un côté sportif dans la plaidoirie, tout en restant respectueux du tribunal et de ses adversaires, il faut vouloir gagner pour être motivé à travailler aussi fort.



Une formule intime

Passionné de plaidoirie, l’auteur de « Manuel de plaidoirie : Techniques et stratégies d'un procès civil », convie donc tous ceux qui souhaitent développer les techniques nécessaires à devenir un plaideur redoutable. Offertes dans une formule intime, les séances sont limitées à 15 participants. Ceux de Québec auront d’ailleurs la chance de célébrer le 55e anniversaire du conférencier, puisque ce père de famille est né un 12 mars…

Dates à retenir

- À Québec le 12 mars prochain.
- À Montréal le 19 mars.