Nous arrivant en provenance des États-Unis, il a été enseigné pour la première fois au Canada en 1972. En 2003, l’Université de Sherbrooke a été la première université à offrir ce programme en français en Amérique du nord (1).

Les universités qui offrent ce programme particulier se plaisent à affirmer qu’il procure un avantage important aux étudiants désirant poursuivre une carrière axée vers le droit des affaires. Nous nous sommes donc penchés sur la perception de divers acteurs de la scène juridique face à ce programme tant vanté par le milieu universitaire.

À l’Université de Sherbrooke, nous avons discuté avec un étudiant récemment diplômé du programme qui nous soulignait avoir pu développer une compréhension pointue de l’interaction entre le monde des affaires et le monde juridique. Il affirme d’ailleurs : « Je me sens tellement plus à l’aise à entamer une carrière juridique. J’ai eu l’opportunité d’intervenir auprès de grandes entreprises et de développer à la fois mes réflexes d’homme d’affaires et de juriste ».

Les universités affirment d’ailleurs que ce programme vise la création d’une génération de professionnels capables à la fois de prendre des décisions d’affaires sensées et des décisions juridiques bénéfiques au développement de l’entreprise.

Un exemple
Me Julie Vallières travaille au sein du contentieux d’une importante compagnie œuvrant dans le domaine de l’aéronautique. Elle a auparavant complété son stage du Barreau et travaillé comme avocate en droit corporatif au sein d’un grand bureau montréalais. Lors de ses débuts dans la pratique du droit, elle a rapidement réalisé qu’elle était en mesure de mieux comprendre l’impact des décisions juridiques sur les affaires d’une compagnie grâce à ses connaissances acquises au M.B.A.

Me Vallières n’hésite pas à affirmer qu’un M.B.A. permet au juriste de mieux comprendre le langage comptable et financier entourant une transaction corporative. Les clients sont généralement très conscients de l’apport de cette valeur ajoutée et sont enclins à se référer à eux pour obtenir des conseils juridiques et d’affaires. Depuis qu’elle exerce au sein d’un contentieux corporatif., Me Vallières fait valoir ses compétences multidisciplinaires notamment en matière de production, de marketing et de R&D dans le cadre de ce nouvel environnement.

Nous avons constaté que de nombreux employeurs montréalais sont encore trop peu familiers avec ce programme. C’est dans cette optique que Me Vallières indiquait que plusieurs grands cabinets gagneraient à engager et à exploiter davantage les connaissances et les compétences des diplômés du programme LL.B./M.B.A.

FMC, un pionnier
Le cabinet Fraser Milner Casgrain (FMC) fait figure d’avant-garde dans cette catégorie. En effet, le cabinet FMC s’est associé à l’Université de Sherbrooke depuis le tout début du programme en offrant de nombreuses bourses étudiantes et la possibilité à des étudiants d’effectuer une intervention en entreprise au sein du cabinet.

Me Violette, directrice du développement professionnel chez FMC, nous souligne que ce double diplôme forme des juristes dont les connaissances financières et économiques sont particulièrement appréciées. Toutefois, elle nous rappelle que le programme à Sherbrooke n’en est qu’à sa deuxième cohorte, ce qui ne permet pas de pleinement analyser la contribution qu’apporte ces nouveaux venus à la dynamique juridique.

Nous croyons que les détenteurs du diplôme LL.B./M.B.A. gagnent à se faire connaître et à faire valoir leurs compétences au sein de la communauté juridique et du monde des affaires québécois. Au cours des prochaines années, il sera intéressant d’assister à l’évolution de l’attitude des employeurs face aux détenteurs de LL.B./M.B.A.

Sur cette question, notons que dans certains marchés américains les détenteurs du J.D./M.B.A. (l’équivalent américain) se voient créditer une année supplémentaire d’ancienneté pour ce qui a trait aux salaires et à l’éligibilité au partenariat. Nous suivrons donc de près le développement de la situation au sein du marché montréalais.


Barbara Shore, M.A., CHRA
Jean-Emmanuel H. Beaubrun, Avocat

Shore & Associés
www.shoreassoc.com

Shore & Associés est un cabinet boutique spécialisé en recrutement de cadre et en recrutement juridique. Nous desservons une clientèle de premier plan incluant notamment des cabinets juridiques et des contentieux corporatifs.


1) Notons que l’Université McGill offre depuis de nombreuses années le programme B.C.L./LL.B./M.B.A. Il semblerait toutefois que peu d’étudiants y suivent le programme chaque année.