Me Stéphanie Bourassa. Photo : Jean J. Brossard
Me Stéphanie Bourassa. Photo : Jean J. Brossard
Cette histoire se passe tout juste avant le début de la crise de la Covid-19…

Me Stéphanie Bourassa n’a peut-être pas 30 ans, ni même trois ans d’expérience en notariat. Qu’à cela ne tienne, elle affirme être en développement ultra-rapide de sa pratique, ayant tout juste racheté la pratique de son mentor Me Jean Brossard, afin de fonder Bourassa Notaires.

« Mon associé est devenu mon employé! On est soutenu par quatre techniciens juridiques, et la transition va très bien », assure-t-elle au bout du fil avec Droit-inc.

Ayant débuté sa pratique en solo en 2018, elle a pu bénéficier depuis des sages conseils de Me Brossard, qui lui, cherchait sa relève, alors qu’il a atteint l’âge de 69 ans.

« Il n'a plus besoin de travailler, il le fait par plaisir. Il a encore la flamme en lui, mais il avait besoin de relève, et me voilà! », se réjouit la jeune juriste, qui dit avoir pu bénéficier de l’expérience d’un mentor hors pair.

« Quand j'avais de gros dossiers, des clauses avec lesquelles j'étais moins à l'aise, il m'apportait toujours son soutien. Ça m'a donné l'opportunité de me constituer une clientèle très rapidement. »

Avec son bureau principal sur la rue Bélanger dans Rosemont, et son antenne satellite à Saint-Adolphe-d’Howard, Me Bourassa estime avoir bien circonscrit sa clientèle et ses besoins. En plus des gens du quartier, elle dessert une clientèle de gens d’affaires autant montréalaise qu’étrangère.

« Je fais beaucoup de transactions avec des Français, des gens de Dubaï, et je vais donner une conférence en Guadeloupe en mars. Je travaille assez fort pour que ça développe et ça commence déjà à porter fruit. »

Une vocation découverte il y a longtemps

Stéphanie savait déjà, du haut de ses 9 ans, qu’elle allait un jour revêtir la toge. Mais jusqu’à 21 ans, elle se voyait plutôt devenir avocate.

« J'ai réalisé que si j'avais été avocate, j'aurais sacrifié toute ma vie à juste être avocate. J'ai remarqué que les notaires accompagnaient davantage leurs clients dans leurs dossiers de A à Z. C'est le genre de relation que je voulais bâtir avec mes clients, que juste un combat d'une fois. »

Un bureau multidisciplinaire

Maintenant aux commandes de l’étude, Me Bourassa veut y imposer sa vision. Alors que leurs pratiques sont générales à l’heure actuelle, elle souhaite embaucher d’autres notaires afin que tous soient spécialisés dans un domaine précis. « Je souhaite que mon bureau soit capable d’accompagner le client dans tous ses projets. »

Suivra, à plus long terme, l’ouverture d’autres bureaux. « L'important sera toujours de garder un service proche des clients, qui est personnalisé. Je ne veux pas avoir une machine à saucisses! », lance-t-elle.

Si cette expansion a lieu, ce ne sera pas à n’importe quel prix ni pour élargir le type de clientèle de son étude, assure la notaire-entrepreneure.

« Mes tarifs sont peut-être un peu plus élevés que la moyenne, mais ma clientèle d'affaires sait qu'elle bénéficiera toujours d'un service A1. Je ne veux pas changer cette clientèle en ayant plein de bureaux et en devant couper mes prix, ce ne serait pas à mon avantage. Je veux suivre les besoins de ma clientèle et leur offrir une offre complémentaire. »

Et de ce qu’elle observe, c’est qu’elle n’est pas près de manquer de travail.

« Parfois, des gens disent que le notariat n'a plus lieu d'être. Je ne crois pas à ça du tout », conclut-elle.