« En allant au procès, Vincent Lacroix devait s’attendre à une condamnation très lourde. L’adage procès de luxe, sentence de luxe est rarement démenti », nous confiait ce matin le criminaliste Jean-Pierre Rancourt, de Sherbrooke.

« Lacroix a déjà fait tout le trajet judiciaire devant l’AMF. Il sait que la preuve contre lui est accablante et qu’il n’a pas de moyen de défense valable, renchérissait Robert La Haye, criminaliste à Montréal. Ce plaider-coupable au contraire pourra être retenu en sa faveur, car il pourra souligner au tribunal qu’il n’a pas forcé la société à subir le coût d’un procès inutile. »

Le changement de position de Lacroix ce matin n’est en réalité une surprise pour personne.

« Au cours des dernières semaines, les avocats de Vincent Lacroix avaient déposé une requête pour sortir du dossier, avant de se raviser, certainement à la suite de la décision de leur client de plaider coupable », analyse Me Rancourt.

De la prison ferme

Quelque soit la clémence du juge, reconnaître ses tords n’empêchera pas l’ex- PDG de Norbourg d’écoper de prison ferme, compte tenu de l’ampleur de la fraude et des séquelles subies. Il risque jusqu’à 14 ans d’emprisonnement.

Néanmoins, selon les spécialistes, le Tribunal devrait prendre en considération la peine de 5 ans à laquelle Lacroix a déjà été condamnée pour les mêmes faits, mais pour des infractions à la loi sur les valeurs mobilières, et le temps qu’il a déjà purgé derrière les barreaux.

Affaire à suivre lors des représentations sur sentence vendredi prochain.

Photo: de gauche à droite, Robert La Haye, Jean-Pierre Rancourt.