Stéphane Cola, fondateur et éditeur du site
Stéphane Cola, fondateur et éditeur du site
À compter du 24 novembre prochain, les membres de la communauté lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) du Québec auront accès à une liste d’avocats par régions bienveillants à leur égard et expérimentés sur les questions juridiques qui les concernent en consultant le site www.avocat-gai-friendly.ca.

« Partout dans le monde, la communauté LGBT s’adresse de préférence à des professionnels gays ou gay-friendly. Ça s’applique aussi aux avocats avec lesquels le client doit entretenir une relation de confiance, transparence, vérité, et de confidentialité », explique Stéphane Cola, le fondateur et éditeur du site.

Par peur d’être jugé ou mal compris, il arrive parfois que des LGBT hésitent à consulter un avocat. « Avec le portail, le public LGBT ne sera jamais confronté à la gêne ou aux préjugés de son interlocuteur. Il pourra s’exprimer librement, sans retenue et sans crainte sur des questions intimes. Il gagnera ainsi en écoute et en qualité professionnelle car si vous ne dites pas tout à votre avocat, vous serez mal défendu », précise M. Cola.

Une réponse à un besoin

Me Brigitte Gauthier, associée chez Alepin Gauthier
Me Brigitte Gauthier, associée chez Alepin Gauthier
Les membres de la communauté LGBT ont parfois des besoins juridiques spécifiques dans certains domaines de pratique tels que le droit de la famille (changement d'état civil, lien de filiation), le droit du travail (discrimination à l'embauche, promotion bloquée liée à l’homophobie) ou le droit criminel (harcèlement, agression, insulte).

Certains préfèrent aussi s'adresser à un avocat gay-friendly même pour des dossiers qui ne sont pas liés intrinsèquement à leur préférence sexuelle, plutôt qu'à une personne choisie au hasard sur Internet.

Me Brigitte Gauthier, avocate en droit de la famille et médiatrice accréditée, assiste depuis dix ans des couples de même sexe. Associée chez Alepin Gauthier à Laval, elle figurera dans le répertoire.

Elle considère qu’il faut être capable d'une écoute neutre pour répondre aux besoins de cette clientèle. « Si on est à l'aise, non jugé, on se sent compris et vraiment assisté, on va alors s'exprimer de façon libre et dire la vérité. »

Pour M. Cola, l’annuaire des Avocats Gay-friendly n'est pas un site communautaire : il offre un critère de sélection complémentaire pour choisir le professionnel avec lequel le client veut faire affaire. « L'objectif n'est pas de pousser la société à se fragmenter, mais de donner une liberté à ceux qui éprouvent le besoin de trouver le professionnel qu'il recherche et d'éviter la déconvenue d'être face à une personne qui ne comprend pas ce qu’on lui raconte, ou désapprouve ».

Des avocats triés sur le volet

Me Renaud Dery, avocat en droit de l’immigration
Me Renaud Dery, avocat en droit de l’immigration
Pour l’année de lancement du site, seuls 30 avocats seront sélectionnés pour faire partie du répertoire de manière à avoir des professionnels vraiment motivés ainsi qu'une répartition efficace en termes de sexe et champs de pratique. La cotisation annuelle est de 350 dollars.

Faire partie de la communauté LGBT n’est pas une condition d’admission ; les juristes doivent toutefois être sensibilisés aux problématiques rencontrées par ses membres et avoir de l’expérience.

« Nous avons une ouverture sur le monde et sur la différence. C'est un atout de s'afficher comme étant totalement disponible à servir tout le monde », affirme Me Gauthier qui espère qu’un réseau ne soit plus nécessaire dans le futur.

Me Renaud Dery, avocat en droit de l’immigration fait lui aussi partie du réseau. « Il y a une grande population dans la communauté gay et lesbienne à Montréal, c'est intéressant d'être disponible pour eux. Pour notre image, c’est important de montrer que l’on ne fait aucune discrimination », précise celui qui exerce chez Canadim.

Le réseau est né en France en 2013 à la suite des manifestions contre le Mariage pour Tous et son succès a été immédiat. Il a accompagné le développement des droits des couples de même sexe, et permis aux avocats membres de diversifier leur clientèle. « Ils ont eu le sentiment de contribuer à l’écriture d’une nouvelle page du droit », confie M. Cola.

Il reste encore des places, pourquoi pas vous ?