Me Françoise Guénette
Me Françoise Guénette
Développer son leadership est aujourd’hui l’un des objectifs que visent beaucoup de conseillers juridiques qui veulent notamment devenir chefs de leur service. Pour les y aider, Me Françoise Guénette, avocate d’expérience, leur donne quelques conseils.

Elle a en effet donné une conférence à ce sujet lundi, dans le cadre d’une journée de formation organisée par l’Association of corporate counsel.

« Avoir du leadership est important, car cela permet aux avocats de bien s’intégrer dans leur entreprise, car il faut qu’ils comprennent les mêmes choses que les autres. Ils doivent aussi s’adapter aux besoins mouvants, aux nouvelles techniques de gestion… », explique l’avocate qui a été membre de la direction et chef des affaires juridiques de diverses institutions comme Intact Corporation financière, Bell Canada ou encore Provigo.

Apprivoiser les milléniaux

Pour elle, le grand défi des chefs de service juridique est d’apprivoiser les jeunes avocats qui ont un tout autre rapport à l’autorité. « Ils n’acceptent pas l’autorité absolue », précise-t-elle.

Elle oppose la jeune génération à celle d’il y a environ 30 ans. Selon Me Guénette, elle ne remettait pas en cause ouvertement la hiérarchie, ni ne questionnait l’autorité. « Depuis, la liberté d’expression s’est agrandie et améliorée, nos jeunes vont parler plus ouvertement », poursuit-elle.

Face à ça, la meilleure solution, « c’est avoir une certaine intelligence émotionnelle et communiquer. Tout le monde a besoin d’une petite tape dans le dos. Les jeunes ont besoin de savoir que l’ancienne génération peut elle aussi apprendre d’eux, il faut donc être à l’écoute, car ils sont très intelligents et très exposés aux nouvelles tendances. Il faut les pousser à suivre leurs bonnes idées et surtout leur accorder le crédit de ladite bonne idée », explique l’avocate, qui exerce désormais comme avocate-conseil et gestionnaire du bureau Guénette Avocats, le cabinet de son neveu.

Avoir du leadership se tient en quatre grands principes d’après elle. Le premier est celui de la communication et de l’empathie. Il faut ensuite s’adapter aux besoins de l’entreprise et ne pas avoir peur de dire non à la direction si un projet n’est pas tout à fait légal, ou s’il est impossible à réaliser.

Le dernier principe, et sans doute le plus important pour Me Guénette, est celui d’accepter que tout le monde n’est pas fait pour être un meneur. « Certaines qualités peuvent s’apprendre et d’autres sont intrinsèques. Il faut bien se connaître et savoir si on a les qualités de base requises pour être un bon leader. Si ce n’est pas le cas, vous serez malheureux et vous rendrez également malheureux les gens autour de vous. »