Me Benoît-Marc Boyer.
Me Benoît-Marc Boyer.
Me Benoît-Marc Boyer, conseiller pour le bureau de l’archevêque catholique romain, a été nommé juge au Tribunal ecclésiastique régional de Montréal, qui couvre onze diocèse, soit plus de quatre millions de personnes.

Cette juridiction a pour mission de régler des problèmes canoniques. Parmi les demandes les plus fréquentes se trouvent les causes en nullité de mariage. Dans ce ministère, le tribunal peut s'adjoindre les services d'experts psychologues et psychiatres. « Ils viennent dire pourquoi telle personne n'a pas donné un vrai consentement au moment du mariage », nous a expliqué Me Boyer.

Ce même Tribunal peut également traiter des cas d'abus sexuels dans l'Église, les « gravissima delicta ». « Ce sont des causes réservées à la Congrégation pour la doctrine de la foi, à Rome, mais il arrive qu'elle délègue cela à un tribunal local », a-t-il précisé.

Me Boyer présente la particularité d'être à la fois prêtre et avocat. Alors qu'il se destinait au séminaire, ses parents, catholiques pratiquants, l'ont encouragé à étudier. Il s'est alors dirigé vers le droit, après avoir reçu l’« appel de la justice sociale ».

Pas dans une logique de faire de l'argent

Diplômé d'un baccalauréat en droit de l’Université de Montréal, il est admis au Barreau en 1989. Après son stage chez Justice Canada, on lui propose un poste d'avocat. Me Boyer préfère opter pour les ordres et rejoint le grand séminaire pendant trois ans et demi à Montréal.

Soucieux de combiner sa foi et son métier d'avocat, Me Boyer intègre, en 1999, l’Université pontificale grégorienne de Rome pour y faire une maîtrise en droit comparé, droit civil et droit canonique.

De retour à Montréal, il devient vice-chancelier du diocèse. « C’est un peu les services du droit pour les diocèses qui regroupent les paroisses », explique-t-il.

À la même époque, il siège pour la première fois au Tribunal ecclésiastique. Il a ensuite siégé à distance dans un tribunal d'appel qui statuait sur des dossiers en Afrique, jusqu'à ce que ce deuxième degré de juridiction soit supprimé par le Pape François.

Parallèlement, il délivre des conseils juridiques à des organismes à buts non lucratifs et agit à titre de chapelain de la Légion royale canadienne, le tout bénévolement. « Nous ne sommes pas dans une logique de vouloir faire de l'argent mais de vouloir bâtir un monde juste », a précisé Me Boyer.