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J’ai retrouvé Olga Farman au Bistro Le Sam. Difficile de trouver mieux que le charme d’une fin d’après-midi ensoleillée d’automne au Château Frontenac, à moi à qui Québec manquera toujours un peu, pour revoir quelqu’un que j’ai côtoyé sur les bancs de la Faculté de droit.

C’est devant un « Mr. Earl », cocktail préparé spécialement par la maison pour la sortie du film Downtown Abbey, que nous avons discuté en ces lieux aussi historiques que branchés. Je ne saurais dire si c’est le gin (qui surprend un tantinet je dois dire!) qui nous a délié la langue, mais quel plaisir de discuter.

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Sauf pour les années qui ont filé (et qui nous ont probablement assagi d’un peu – et je ne vous raconterai pas tout!) et le chemin parcouru depuis, elle n’a pas changé : elle a l’étincelle dans les yeux, une formidable détermination et la sérénité de ceux qui ont confiance en la vie.

Fille d’immigrants iraniens, Olga avait certainement un nom qui détonnait un peu dans son coin de pays du Bas-du-Fleuve. Avec un père professeur de littérature française au Cégep et une mère qui souhaitait tout autant que son mari l’intégration de la famille à leur terre d’accueil, Olga m’explique que c’est à travers l’écriture et les concours oratoires, qu’elle a débutés à 7 ans (oui, vous aviez bien lu!), qu’elle a trouvé la voie de son intégration. Elle était convaincue que la plaidoirie serait sa façon, à elle, d’essayer de changer le monde.

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Vingt ans plus tard, elle change le monde ici plutôt qu’à l’étranger, et en droit des affaires plutôt qu’en litige. Rêves brisés au motif que ses plans ont changé? Absolument pas. En fait, on sent tout le contraire : les choix qu’elle fait, elle les assume pleinement.

Tout au long de notre discussion, Olga a parlé d’engagement. Un engagement bien réel, voire même naturel que de redonner à la société et d’agir, à titre d’avocate, comme un agent de changement. Elle s’implique pour faire rayonner sa ville, notamment en siégeant au conseil du Festival d’été de Québec et du Musée de la civilisation de Québec et en étant Coprésidente du Forum des gens d’affaires sur l’emploi et l’immigration de la Ville de Québec, elle est Leader de l’Effet A et s’emploie au quotidien à trouver des façons d’aider les femmes de notre industrie à jongler avec leurs obligations multiples, et j’en passe.

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S’impliquer et faire une différence, c’est important. En fait, ça semble aller de soi que d’être altruiste (et ça court visiblement dans l’ADN familial, de ce que j’en comprends), alors qu’on sait trop bien comme ça manque aujourd’hui dans nos univers individualistes et fort peu collectifs. L’implication, même si ça l’est trop souvent, ne devrait pas être un calcul savant – et elle l’a visiblement compris.

Olga la maman, l’avocate top 40 under 40, la conjointe, l’associée-directrice (d’à peine 38 ans à l’époque), la fille qui se fait un plaisir de parler à sa mère tous les jours, l’une des 100 Canadiennes les plus influentes du Réseau des femmes exécutives, la lauréate du Prix Femmes de mérite (2012) dans la catégorie Affaires et professionnelles du gala du YMCA, eh bien… elle trouve toujours = du temps! Tout ça, sans paraître au bout du rouleau et sans le discours parfois un tantinet amer que tiennent les ‘femmes-orchestres’. C’est rafraîchissant.

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Elle fonce, et en faisant de son mieux. Elle accepte que pour s’impliquer, pour y mettre « sa saveur » et laisser son empreinte avec pour objectif d’aider les générations qui suivent, il faut prendre des décisions, parfois se faire critiquer, et même parfois même se tromper. Et…c’est ok – parce que personne n’est invincible. Elle n’hésite pas, d’ailleurs, à demander de l’aide et le petit coup de pouce d’encouragement des proches quand c’est nécessaire. Parce que son réseau et son entourage, elle en prend soin. Olga, elle est ‘sur son X’. Elle respire l’authenticité et elle se bat pour ne pas avoir de regret.

« Dominique, on n’est qu’au début de la quarantaine. Tu imagines ce qu’on peut encore faire? »

Je suis repartie le sourire aux lèvres, inspirée.
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