Me Raphaëlle Desvignes. Photo : DDC Legal
Me Raphaëlle Desvignes. Photo : DDC Legal
L’avocate criminaliste Me Raphaëlle Desvignes estime que la crise sanitaire actuelle aurait des effets pervers sur les interventions policières effectuées auprès des Montréalais, révèle le Journal Métro.

Me Desvignes dénonce un climat de «délation» qui affecterait particulièrement certaines tranches de la société à cause du profilage racial et social, qui se manifesteraient encore plus dans le contexte de la pandémie.

« Le pendant négatif, c’est que ça va amener plus de délation envers les personnes déjà marginalisées, vulnérables, les minorités visibles, confie la criminaliste. Le profilage racial ne se fait pas que par les policiers, mais aussi par la délation.»

Le SPVM a émis plus de 1 400 constats d’infraction depuis le début du confinement, rappelle Métro. Me Desvignes craint que « les pouvoirs des policiers soient incompris d’eux-mêmes ».

« On a vu des policiers entrer dans des maisons sans mandat, déplore l’avocate. Il y a plusieurs situations où les policiers ont outrepassé leurs pouvoirs à mon sens. »

Pour mettre les points sur les i quant aux droits en temps de crise, Me Desvignes a mis au point un document d’information intitulé « Surprise, on a encore des droits! COVID-19 : Vos droits face à la police » avec ses collègues avocates Mes Émilie Breton-Côté, Franccesca Cancino, Alia Chakridi, Émilie E. Joly, Jacinthe Poisson et Arij Riahi.