Helena Guergis réclame 800 000 $ en dommages généraux, 250 000 $ en de dommages aggravés et 250 000 en dommages punitifs.

Dans sa déclaration de 32 pages, l'ancienne députée de Simcoe-Grey, en Ontario, soutient que ses collègues ne l'invitaient plus dans les réunions et que leur attitude a changé à partir de septembre 2009, lorsque les médias ont commencé à rapporter des informations sur son mari Rahim Jaffer.

Le premier ministre Stephen Harper a écarté l'épouse de M. Jaffer du conseil des ministres et du caucus conservateur à la suite de révélations selon lesquelles elle avait appuyé les activités de démarchage (lobbying) de son mari.

Son mari, lui-même un ancien député conservateur, était soupçonné de s'être prêté à des activités de lobbying illégales, mais également de possession de cocaïne et d'alcool au volant.

Finalement, la Couronne a retiré les accusations et l'ancien député a plaidé coupable de conduite imprudente. Sa femme a également été innocentée à la suite d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada, sans toutefois pouvoir réintégrer le Parti conservateur.

L'avocat Arthur Hamilton, de Cassels Brock est également visé par la poursuite de l'ex-ministre
L'avocat Arthur Hamilton, de Cassels Brock est également visé par la poursuite de l'ex-ministre
Mme Guergis poursuit également Raymond Novak, secrétaire principal de Stephen Harper, l'avocat Arthur Hamilton et son cabinet d'avocats Cassels Brock & Blackwell, l'ex-chef de cabinet du premier ministre Harper, Guy Giorno, les députés Shelly Glover et Lisa Raitt, la conseillère Axelle Pellerin et Derrick Snowdy, un enquêteur privé.

Elle allègue que ce dernier a parlé à Arthur Hamilton d'allégations de «fraude, extorsion, obtention d'avantages sous de faux prétextes et implication dans la prostitution».

Selon Mme Guergis, cette conversation a fait boule de neige et s'est transformée en une conspiration contre elle.

L'enquêteur aurait allégué également qu'elle avait consommé de la cocaïne et qu'il y avait une vidéo la montrant reniflée de la cocaïne sur les seins d'une prostituée.

En décembre 2009 ou au début 2010, Mme Pellerin aurait, selon elle, dit à Guy Giorno qu'elle avait entendu Lisa Raitt dire qu'elle consommait des drogues, notamment dans les toilettes d'un restaurant d'Ottawa.

Selon l'ex-députée, M. Harper a «fait pression» pour qu'elle démissionne et a ensuite publié une déclaration «de mauvaise foi» et dans une volonté de la «discréditer».

Elle a également déclaré que la décision des conservateurs de ne pas la choisir comme candidate aux dernières élections a été prise «illégalement» et que la conspiration a fait un tort irréparable à sa réputation, sa carrière en politique, sa capacité à gagner un revenu, sa santé et son bien-être personnel.

Le chef de cabinet du premier ministre Harper a rejeté en bloc les allégations de M. Guergis. «La réclamation est un mélange incohérent de fantaisie, de fiction et de création, a déclaré M. Giorno. Je suis embarrassé pour son avocat et désolé qu'Helena reste déconnectée de la réalité.»