Voici une revue des lois régissant les pratiques sexuelles de nos voisins frontaliers
Voici une revue des lois régissant les pratiques sexuelles de nos voisins frontaliers
Les États-Unis sont aussi polarisés au niveau de leurs allégeances politiques que de leurs moeurs sexuelles.

Il y a d’un côté la Virginie, où un projet de loi présenté par un sénateur républicain rendrait le sexe oral entre adolescents illégal et il y a l’Utah, qui vient de suspendre les mariages homosexuels.

De l’autre côté, il y a la Californie, qui veut rendre obligatoires les toilettes pour élèves transgenres dans toutes les écoles publiques. Il y a le Nevada, où la prostitution est légale depuis les années 1970.

Voici une compilation des lois des différents états américains traitant de la sexualité des individus:

Utah: Il est illégal d’épouser votre cousin ou cousine avant l’âge de 65 ans, ou de 55 ans si vous pouvez prouver que les deux personnes sont infertiles.

À Tremonton, une femme ne peut pas avoir de relations sexuelles avec un homme dans une ambulance. Si c’est le cas, le nom de la femme seulement devra être publié dans le journal local.

Californie: Il est illégal de vendre des articles en peluche ressemblant à des seins (boobie pillows) à moins de 305 mètres d’une autoroute.

Les travailleurs des prisons ne sont plus autorisés à avoir des relations sexuelles avec les détenus.

Nouveau-Mexique: À Carlsbad, les couples peuvent avoir des rapports sexuels dans leur voiture garée pendant leur pause du dîner tant que les rideaux sont fermés.

La nudité est autorisée tant que les organes génitaux et les seins sont couverts.

Idaho: Dans la ville de Coeur d’Alene, si un policier soupçonne les occupants d’une voiture d’avoir des rapports sexuels, il doit d’abord klaxonner ou faire clignoter ses lumières et attendre trois minutes avant de s’approcher de la voiture.

Arkansas: À Little Rock, le « flirt » entre hommes et femmes dans les rues peut entraîner une peine de prison de 30 jours.

Le sexe oral est considéré comme de la sodomie dans l’État et est punissable.

Arizona: Il est interdit de posséder plus de deux vibrateurs dans la même maison.

Les seins ne sont pas considérés comme des parties intimes, on peut donc se promener seins nus en public.

Mississippi: Il est illégal d’enseigner aux autres ce qu’est la polygamie.

L’adultère ou le sexe avant le mariage en passible d’une amende de 500 $ ou de six mois de prison.

Minnesota: Dormir nu est illégal.

Il est illégal pour les hommes d’avoir des relations sexuelles intimes avec un poisson vivant.

Washington: Avoir des rapports sexuels avec un animal est parfaitement légal pour les hommes, tant que l’animal pèse moins de 40 lb.

Iowa: À Ames, un homme ne peut pas prendre plus de trois gorgées de bière tout en tenant sa femme dans ses bras au lit.

Texas: Il est illégal de posséder plus de six vibrateurs.

Flirter est illégal à San Antonio.

Nevada: La prostitution et les bordels sont légaux depuis 1971 dans certaines régions du Nevada.

Wyoming: À Newcastle, il est interdit pour les couples de faire l’amour dans un congélateur à viande.

Colorado: Dans Adams County, les masseurs masculins doivent porter des vêtements blancs.

Illinois: À Oblong, vous pouvez être puni si vous chassez ou pêchez le jour de votre mariage.

Nebraska: Vous ne pouvez pas vous marier si vous avez la gonorrhée.

Dakota du Sud: Les érections en public sont illégales.

Alaska: À Fairbanks, il est illégal pour les orignaux d’avoir des relations sexuelles sur les trottoirs de la ville.

À New York, la tendance est aux sex parties

À New York, que plusieurs qualifient de «Mecque du sexe» aux États-Unis. Bienvenue à l’événement « Chemistry » , un des nombreux sex parties qui ont lieu chaque semaine.

Massages tantriques

Au deuxième étage d’un immeuble privé de Brooklyn, une femme offre des massages tantriques pendant que sur le sol recouvert de futons, de purs étrangers ont des relations sexuelles sous le regard des autres invités.

Yandy Corn, 26 ans, est l’organisatrice de l’événement «Myth Party». Lors de la dernière édition, on pouvait observer une piñata humaine, une mise en scène digne de Dexter dans laquelle les participants s’aspergeaient de faux sang, et une piscine remplie de paillettes.

«J’ai voulu créer un événement où les gens peuvent explorer leur sexualité en toute sécurité tout en se rendant vulnérables», dit-elle.

Ces événements, qui attirent jusqu’à 300 personnes, se déroulent toujours dans des endroits différents. L’activité sexuelle qui s’y déroule est une violation de la licence d’alcool, les établissements risquent donc de perdre leur permis.

Yandy trie les invités sur le volet. Tous doivent répondre à un questionnaire détaillé et être accompagnés d’un ami qu’ils devront chaperonner jusqu’à la fin de la soirée, pour une question de sécurité.

Des participants notables

Palagia, une autre New-Yorkaise, a fondé les partys «One Leg Up» en 1999. Son événement, qu’elle décrit comme un genre de Country Club érotique, a lieu dans des lofts ou penthouses privés. L’abonnement annuel est de 800 $ et chaque soirée coûte 300 $.

Durant les deux premières heures, les gens se rencontrent. À 23 h 30, tout le monde doit se dévêtir, c’est la règle. Il y a de tout, des architectes, des avocats, des médecins, des artistes, etc. « Parfois les astres s’alignent et ça donne lieu à une mer de sexe», dit-elle.

« La scène a beaucoup changé depuis que j’ai commencé. Au début, les femmes étaient intimidées d’aller dans des soirées érotiques. Maintenant, ce sont elles qui viennent en plus grand nombre», conclut-elle.

La perception de l’Amérique puritaine est-elle encore justifiée?

Dr Yvonne K. Fulbright, sexologue
Dr Yvonne K. Fulbright, sexologue
«Oui, malgré les États très libéraux, il y a encore des poches très conservatrices à travers le pays qui voudraient qu’on retourne aux pratiques des pères fondateurs du pays», dit la Dr Yvonne K. Fulbright, sexologue.

Par exemple, dans 48 des 50 États se déroulent chaque année ce qu’on appelle les Purity balls. Lors de ces cérémonies, des filles de 12 ans portant des robes blanches promettent à leurs pères de rester chastes jusqu’au mariage.

Mme Fulbright fait aussi référence au commentateur politique ultraconservateur Rush Limbaugh, qui avait semé la controverse en 2012 en traitant de «salope» une étudiante qui voulait revendiquer devant le Congrès le remboursement de la pilule contraceptive.

Les jeunes libérés

Helen E. Fisher est anthropologue sexuelle et professeure à l’Université Rutgers
Helen E. Fisher est anthropologue sexuelle et professeure à l’Université Rutgers
«Ce n’est pas du tout le portrait qu’on dresse des jeunes Américains, par contre», dit Helen E. Fisher anthropologue sexuelle et professeure à l’Université Rutgers. Elle vient de réaliser une étude avec Match.com auprès de 5000 jeunes célibataires.

«Les jeunes des États-Unis, aujourd’hui, sont pour le mariage gai, ils n’ont pas besoin d’être mariés pour habiter ensemble et ils ont des enfants avant de se marier», explique-t-elle.

«Certains conservateurs sentent qu’ils perdent leur emprise et ils ont peur. C’est tellement désespéré. Vouloir dicter le comportement sexuel des gens, c’est comme essayer d’attraper le vent avec un filet», dit Mme Fisher.

Quel est l’État le plus libéral? «Le Massachusetts est très avancé en ce qui a trait à l’éducation sexuelle des jeunes. Pour l’acceptation des homosexuels et des transgenres, c’est la Californie. Je dirais qu’en règle générale San Francisco et New York sont les deux villes les plus libérales», croit Yvonne K. Fulbright.

Et l’État le moins libéral? «L’Utah, à cause de la communauté mormone qui contrôle l’État. Le Texas, l’Alabama et le Mississippi interdisent encore la vente de jouets sexuels. Ironiquement, c’est dans ces États que l’on retrouve la plus grande consommation de pornographie», dit Mme Fulbright.